L a capitale économique vient d’abriter la toute première édition du forum régional sur la notation financière. L’événement s’aligne sur la série de réflexions initiées depuis plusieurs années déjà pour faire décoller la place financière de Douala, siège de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale. Une rencontre d’autant plus marquante qu’elle se tenait quelques mois après l’entrée en activité de la première agence de notation sur le marché financier unifié de l’Afrique centrale, Geneva Invest ment Corporation, agréée en août 2026. Sur le timide marché des capitaux de la CEMAC, c’est une évolution considérable. En effet, à ce stade de son développement, la notation financière pourrait par exemple aider à assouplir les conditions financières du marché. Sur le compartiment des valeurs du Trésor notamment, le coût moyen des bons du Tré sor assimilables (BTA), instruments financiers de court terme émis par les Etats pour financer leur déficit ponctuel de trésorerie, a augmenté de 4,72 à 6,64% entre juin 2018 et septembre 2026. Pour ces titres publics en particulier, c’est au Cameroun qu’on doit la hausse record des taux. Le pays a vu sa courbe de rendement exploser de 2,81 à 6,43% sur la même période, atteignant un pic de 7,26% en août 2026. Une envolée alimentée par la forte concurrence observée depuis la pandémie de covid-19 et le repli des Etats sur les marchés domestiques pour se financer. Entre les périodes pré Covid-19 (2011-2017) et post Covid-19 (2021-2026), l’encours des valeurs du Trésor est passé de moins de 2% du produit intérieur brut de la CEMAC à près de 14% selon la Cellule de règlement et de conservation des titres de la Banque centrale. Plus de 11 000 milliards de F de ressources levés par les six Etats pour investir ou répondre à des besoins ponctuels de liquidité. Mais, au-dessus de l’argent, il est un actif qui compte plus que tout. C’est la confiance. Elle se construit à coups d’engagements honorés (respect des échéances de remboursement des prêts) et surtout des notes, celles généralement attribuées par les agences de notation financière sur la base de l’évaluation d’un certain nombre d’indicateurs. Elles sont loin d’être fantaisistes et vont parfois jusqu’à déterminer le coût du risque, les intérêts exigés. Dans la démarche de construction d’un march&ea...
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