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« Les régulateurs pensent plus aux effets macroéconomiques »

Dr Franck Signe, enseignant à l’Ecole nationale polytechnique de Yaoundé, expert en ingénierie économique et financière.

Quelles conséquences écono miques avez-vous observées à la suite de l’annonce de la présence de métaux lourds dans certains poulets et œufs, la démonétisation de pièces et la réduction de quotas d’importation accordés à la société Congelcam ? L’annonce de la présence de métaux lourds dans les poulets et œufs a produit une secousse dans la filière avicole. La perte de confiance immédiate des consommateurs peut entraî­ ner une baisse drastique de la demande locale, des pertes financières pour les élevages et peut aussi se traduire par la mévente, des surcoûts d’en­ tretien du cheptel non vendu, des faillites potentielles de petits et moyens aviculteurs. On peut aussi redouter une inflation de substitution, le report de la consommation vers d’autres sources de pro­ téines (poisson, viande bovine, légumineuses), provoquant une hausse des prix sur ces marchés alternatifs. La démo­ nétisation de pièces de mon­ naie a causé des frictions dans le commerce de détail, une aggravation du « problème de monnaie » (manque de petite monnaie), le ralentissement des transactions quotidiennes dans les marchés informels et les transports. Les pertes directes pour le secteur in­ formel découlent du refus de pièces démonétisées par les vendeurs et acheteurs par peur du non-recouvrement, entraînant une perte de pou­ voir d’achat ponctuelle. Il y a aussi des coûts de transition qui vont peser vu les temps et efforts consacrés par les ménages et commerçants pour échanger la monnaie auprès des banques ou de la Banque centrale. Pour ce qui est des quotas d’importation de Congelcam, la perturba­ tion de la chaîne d’approvi­ sionnement en poissons fera baisser l’offre disponible sur le marché national du pois­ son congelé et augmenter les prix du poisson pour le consommateur final en raison de la raréfaction des stocks. En revanche, on pourra aussi assister à un réajustement du marché, l’opportunité pour des concurrents plus petits de gagner des parts de marché étant ouverte. Mais, cela peut parfois causer des tensions logistiques, vu les capacités de stockage insuffisantes à court terme. Le procédé aurait-il pu être différent dans chacun des cas ? Pour le poulet, au lieu de l’an­ nonce publique potentiellement anxiogène sans cartographie précise des zones ou producteurs incriminés, une communica­ tion ciblée et une traçabilité auraient permis de saisir uni­ quement les lots contaminés, publier les noms des fermes précises et accompagner la filière saine par une campagne de réassurance. Les délais d’ac­ compagnement pédagogique et logistique de démonétisa­ t...

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