D ans la région de l’Ex trême-Nord, le riz occupe une place stratégique dans l’agri culture et l’économie locale. De Yagoua à Maga, en passant par les plaines de la vallée du Logone, la riziculture consti tue une importante source de revenus pour des milliers de producteurs. Pourtant, entre le potentiel agricole et les réa lités du terrain, la filière reste confrontée à plusieurs défis. La Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (SEMRY) par exemple demeure le principal instrument public de développement de la riziculture dans la région. Ses principaux bassins de produc tion se trouvent notamment à Yagoua et Maga. Historique ment, la société a joué un rôle majeur dans l’encadrement des producteurs et la fourniture de riz au marché camerounais. Le plan d’affaires de la SEMRY prévoyait déjà une progression des superficies irriguées et de la production, avec un objectif de 63 800 hectares et 433 850 tonnes de riz paddy en 2026. Ces chiffres traduisent l’impor tance accordée à la riziculture irriguée dans la stratégie de développement agricole de l’Extrême-Nord. Mais sur le terrain, les performances restent en deçà des ambitions. A ce jour, sa production réelle est de 60 000 à 100 000 tonnes de riz paddy par an, soit environ 80 000 tonnes de riz blanchi. Pendant plusieurs années, la dégradation des aménagements hydro-agricoles, des stations de pompage, des canaux d’irrigation et des équipements a limité les capacités de production. Les producteurs ont également été longtemps confrontés à la difficulté de réaliser deux campagnes rizicoles par an. Conscient de la situation, les responsables de la SEMRY ont décidé de prendre le taureau par les cornes. En effet,...
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