Qu’est-ce que la dette flottante et comment le Cameroun se retrouve-t-il avec 752,1 milliards de F de factures impayées sur vingt ans ? La dette flottante désigne, dans la terminologie même du ministère des Finances, les créances non structurées réclamées à l’État et à ses dé membrements, administrations, établissements publics, univer sités d’État, collectivités décen tralisées. Elle se distingue de la dette structurée (emprunts obligataires, prêts bilatéraux à échéancier contractuel) : ce sont des salaires, factures, remboursements fiscaux ou loyers restés impayés faute de trésorerie disponible au moment où la dépense a été engagée. Le stock de 752,1 milliards de F, validé pour 2000-2019, recouvre six catégories : dette salariale, fiscalo-douanière, commerciale, académique, sociale et locative. Son accumulation traduit un défaut chronique bien identifié : des ordonnateurs qui engagent des dépenses sans vérification systématique de la disponibilité réelle de trésorerie, dans un contexte de recettes pétro lières et douanières volatiles. Le contrôle des engagements, censé bloquer une dépense non financée en amont, n’a longtemps fonctionné qu’im parfaitement. Signe de cette fragilité méthodologique : le montant, annoncé à 671,7 milliards de F en août 2024, a été révisé à 752,1 milliards de F en mai 2026, soit un écart de 80,4 milliards, près de 12 %. Le nouveau cycle 2020- 2025 qui s’achève le 31 octobre 2026 : vrai assai nissement ou façon de « remettre les compteurs à zéro » avant la nouvelle loi de finances ? Ce nouveau cycle, lancé par circulaire du 19 août 2026, n’a pour l’heure produit aucun mon tant global audité. Le premier cycle avait mis quatre ans entre son lancement fin 2020 et sa validation définitive en mai 2026. Il est donc prématuré de trancher. Deux lectures coexistent, toutes deux par tiellement fondées. La lecture favorable : c’est le deuxième Dette flottante Il s’agit d’éviter la reconstitution d’un stock d’arriérés susceptibles de fragiliser la trésorerie publique. Dr André Arnaud Enguene : « Le bénéfice le plus tangible l’économie sera surtout indirect et de moyen terme ». Michèle FOGANG L’Etat veut clarifier sa note « Le problème n’est pas la solvabilité, c’est la trésorerie » Une opération de recensement et d’audit du cycle 2020-2025 lancée le 19 août dernier par le ministre des Finance pour mieux gérer les créances en cours et organiser leur apurement. Dr André Arnaud Enguene, enseignant chercheur, économiste. FINANCE Montant validé Déjà payé à fin 2025 en 2024 en 2025 Une enveloppe de (salaires, impôts/douanes, dettes aux fournisseurs, dettes des universités, loyers, social, etc.) soit 61,6% du stock (182,9 salaires + 50 fiscalo- douanier) prévue pour les autres dettes Etat d’apurement du 1er cycle (2000-2019) 752,1 milliards de F 463,3 milliards de F 232,9 milliards de F 230,4 milliards de F 110 milliards de F Source : Ministère des Finances exercice de ce type en six ans, suivant un protocole compa rable recensement, examen des pièces, validation par audit, ce qui suggère une tentative d’institutionnaliser un suivi pé riodique plutôt qu’un gest...
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