loader

« Le Cameroun doit miser sur la qualité »

Boris Hermann Fokouo Talla, ingénieur agronome.

Ces dernières années, plusieurs opérateurs éco­ nomiques se sont position­ nés dans la transforma­ tion locale du cacao, avec plus ou moins de succès. Comment appréciez-vous cette tendance ? L’émulation observée aujourd’hui dans la transformation de fèves de cacao est très bonne pour la filière et pour l’économie camerounaise en général. En 2024-2025, 35% du cacao ca­ merounais a été transformé d’après l’Office national du cacao et du café. Ce pourcen­ tage représente environ 700 millions de dollars (près de 402 milliards de F) sur les presque deux milliards de dollars (1148,5 milliards de F) que le cacao a généré en 2025. Un montant en hausse de plus de 135 millions de dollars (77,5 milliards de F) par rapport à 2024, selon les chiffres de l’INS. Il s’agit donc d’un pas fabuleux en avant. Cependant, en tenant compte des investissements faits dans le secteur ces dernières an­ nées, ce pourcentage est, il me semble encore loin des attentes en termes de vo­ lumes qui peuvent être transformés au regard des ca­ pacités existantes. Mais, le pays est sur la bonne voie dans ce secteur qui rapporte beaucoup de devises, mais qui peut, en déve­ loppant davantage cette transforma­ tion, créer plus de valeur ajoutée ainsi que des emplois durables. Comment se porte ce secteur et quelles sont les opportuni­ tés qui s’offrent aux acteurs en présence ? C’est un secteur au­ jourd’hui en plein essor parce que l’Etat fait du développe­ ment du tissu industriel un axe majeur dans sa boussole de développement qu’est la SND30. J’ajoute que le Règle­ ment zéro déforestation de l’Union européenne (RDUE), au-delà d’être un défi énorme pour des pays producteurs comme le Cameroun, représente également une belle oppor­ tunité de modernisation du secteur et d’accélération de la transformation locale. Ce qui fort opportunément est en train d’être fait. La demande en produits transformés qui augmente considérablement au Cameroun et dans la sous-ré­ gion représente, il faut le dire, une belle opportunité pour les acteurs présents dans le secteur. Quels sont les leviers à actionner pour dynamiser les capacités des usines déjà existantes dans ce créneau ? Il y a plusieurs leviers à adres­ ser. Le premier est d’abord l’énergie. Il n’y a point de transformation sans énergie fiable. Le renforcement des infrastructures de transport doit suivre. C’est un frein énorme au développement au sens strict, mais encore plus pour l’essor d’un secteur comme celui de la transformation où la matière première et d’autres intrants sont en mouvement constant. J’observe que les transformateurs ne sont pas forcément directement implan­ t&eacu...

Partager cet article

Commentaires

    List is empty.

laisser un commentaire

Your special Cameroon Business Today issue in digital version

abonnement I subscribe

Download
app Cameroon Business Today

logo apps