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« Une politique commerciale équilibrée est nécessaire »: Felix Bodo, consultant et producteur de riz.

Comment appréciez-vous les efforts déployés par l’Etat pour améliorer la riziculture ? Les efforts déployés par l’Etat pour soutenir la filière rizicole sont diversifiés. Il y a le Minepat qui accompagne la planifica­ tion et les financements. Le ministère de l’Agriculture et du Développement rural soutient les stratégies pour accroître la production. Le ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation, l’IRAD et de multiples autres acteurs privés s’impliquent sur les secteurs de la recherche pour améliorer la productivité. Le gouvernement multiplie aussi des partenariats comme ceux avec le Japon, la Corée et d’autres acteurs pour améliorer la production. Pour réduire la fac­ ture d’importa­ tion atteignant 318,6 milliards de F, le Came­ roun déploie des investissements massifs dans la filière riz. Les fi­ nancements se structurent à tra­ vers des projets institutionnels, des subventions de l’Etat et des partenariats publics-pri­ vés visant l’autosuffisance à l’horizon 2030. C’est le cas du Projet de développement de la chaîne de valeur du riz au Cameroun (PDCVRC) financé à hauteur d’environ 25 milliards de F grâce à des conventions ratifiées par décret présiden­ tiel, visant l’amélioration de la production. Un financement de 10 milliards de F a été alloué à la production des bassins de la Semry et de l’UNVDA. Une enveloppe de 130 milliards de F permet d’aménager actuelle­ ment 10 000 hectares de terres hydro-agricoles dans la localité du Logone Birni pour la culture du riz irrigué. Concernant les investissements directs étran­ gers 98,4 milliards de F sont dédiés au développement de 10000 hectares dans les régions septentrionales du pays. La mise en œuvre des projets VIVA Logone et VIVA Bénoué marque une étape importante dans la moder­ nisation de la filière. Quid des évolutions sur les segments de la recherche, des techniques culturales, de la rentabilité de la filière et des stratégies de vulgarisation ? Une grande partie des rizicul­ teurs continue d’utiliser des semences dites tout-venant ou des variétés homologuées devenues vieillissantes. Elles présentent des limites, notam­ ment une sensibilité accrue aux maladies et aux ravageurs, ainsi qu’un potentiel de rendement relativement faible, généra­ lement de l’ordre de quatre tonnes par hectare. L’IRAD et des Centres d’innovation technologique (CIT) facilitent le développement des varié­ tés adaptées aux différentes zones agro écologiques. Ces travaux de recherche permettent d’obtenir un rendement de huit tonnes par hectare. Une fois homologuées, ces nou­ velles variétés devront faire l’objet d’une stratégie efficace de multiplication semencière et de vulgarisation, afin d’as­ surer leur adoption à grande échelle par les producteurs. Avec une meilleure tolérance aux contraintes climatiques, un excellent taux de récupé­ ration à l’usinage ainsi que des qualités répondant aux préférences des consomma­ teurs, les rendements seront davantage améliorés. Cette dynamique contribuera dura­ blement à l’amélioration de la productivité, de la compétitivité et de la rentabilité de la filière rizicole nationale. Que faire pour améliorer la disponibilité du riz ca­ merounais sur le marché face à l’abondance du riz importé ? L’amélioration de la disponibi­ lité du riz produit localement nécessite une approche inté­ grée combinant des mesures de politique publique, des in­ ...

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