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« Une désintermédiation partielle du risque »

Dr André Arnaud Enguene, enseignant-chercheur, Faculté des sciences économiques et de Gestion à l’université de Yaoundé II.

Quelle lecture faites-vous des financements innovants en faveur des étudiants ? C’est un aveu implicite d’échec du système bancaire classique face à une catégorie d’agents économiques pourtant stratégique : les jeunes diplômés porteurs de projets. Pen­ dant des décennies, le financement de l’entrepreneuriat étudiant a été un angle mort du système financier camerounais trop risqué pour les banques commerciales, trop petit pour les investisseurs, trop informel pour la microfinance classique. Ce que révèlent le GU3E et la convention Yunus assurance-Bange Bank, c’est l’émergence d’un modèle hybride où l’établissement d’enseignement ou l’institution de tutelle assume une fonction que ni la banque ni l’État ne pouvaient assumer seuls, celle de tiers de confiance et de filtre de sélection. L’institut privé d’enseignement supérieur ou le ministère de l’Enseignement su­ périeur apporte la connaissance du porteur de projet et un début de garantie morale, l’assureur ou l’établissement financier mobilise la ressource et la banque assure le décaissement et le suivi technique. C’est une désintermédiation partielle du risque, pas sa suppression et c’est précisément ce qui la rend viable. Mais, ces mécanismes restent des niches expérimentales, à l’échelle encore modeste face aux besoins réels de financement de milliers de projets portés par des jeunes. A quelles conditions ces offres peuvent-elles réellement béné­ ficier aux étudiants ? Trois conditions me semblent non négociables. D’abord, la substitu­ tion de la garantie réelle par une garantie de projet et de parcours : évaluation par un comité mixte aca­ démique-financier, avec la capacité de l’établissement à se porter ga­ rant moral ou à mutualiser le risque entre bénéficiaires par un système de traçage entre pairs. Ensuite, un accompagnement non financier structuré en amont et en aval : incubation, formation à la gestion, suivi de trésorerie car l’échec de ces dispositifs vient généralement de l’incapacité à transformer un crédit en flux de trésorerie régulier. Troisièmement, des conditions de remboursement adaptées au cycle de vie réel d’un jeune projet : dif­ féré de remboursement suffi...

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