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Entrepreneuriat féminin

Si les femmes savaient

Le potentiel des nombreuses entrepreneures camerounaises est handicapé par des difficultés qu’elles cherchent à vaincre.

 

Majoritaires dans la population (51%), la domination démographique des femmes est loin d’être reflétée dans le domaine de l’entreprenariat. D’après des évaluations officielles, ces dames occupent 27% des emplois permanents et ne dirigent qu’une entreprise sur quatre. En revanche, toutes les sources s’accordent à leur reconnaître un esprit d’entreprise remarquable qui se mesure par une présence prédominante dans le secteur informel, base la plus large de représentation de l’entrepreneur camerounais. Dans leurs Pme et regroupements, de forums en séminaires et foires commerciales, la question se pose à ces businesswomen de savoir comment équilibrer les chiffres de leur représentation ?

Le problème ne se poserait plus dans les termes que l’on a connu jusqu’alors, estime Jean-Patrick Ketcha, promoteur d’un incubateur de jeunes entreprises à Douala. « L’on n’en est plus, dit-il, à discuter pour savoir si la femme peut, mais comment elle doit entreprendre au regard de son environnement et des autres exigences de la vie. » Avec lui, plusieurs entrepreneures remarquent que les femmes doivent faire face à des défis généraux comme la qualité et le volume de leurs préparatifs avant entreprise. Plus que les mâles, elles subissent les problèmes d’équipements et d’organisation sociale. 

Les témoignages n’en sont que plus illustratifs. « Je me suis lancée avec beaucoup d’enthousiasme dans un projet de Pme de marketing. Mais, il se trouve que les seules absences répétées de la baby-sitter m’empêchaient d’assumer mes tâches professionnelles. Quand j’y ajoute le fait que j’étais un peu mal préparée, je comprends mieux pourquoi j’ai rapidement dû arrêter », raconte Edwige Damen.  Habiba Djallo Majouo, cheffe d’une Pme de cosmétiques, relève que dans sa région d’origine, le schéma social dominant guide la jeune femme du foyer parental vers le mariage où elle doit assumer des tâches ménagères. 

D’autres en revanche ont fait de la féminité un sujet de motivation. « Mes études de biochimie me destinaient à travailler dans le domaine médical. Mais au fond de moi sommeillait l’idée d’embrasser des choses dures comme on dit, qui paraissent inaccessibles aux femmes », témoigne Sarah Laure Ndongho, directrice générale d’une entreprise de construction métallique. Les femmes sont aussi les petites mains sans lesquelles de grandes activités économiques comme l’agriculture ne seraient pas productives. « Ce sont elles qui font vivre les maraîchages où l’on trouve nos légumes. Dans ma spécialité, je compte toujours sur elles pour avoir du beurre de karité. Le problème, c’est que quand il s’agira de faire en sorte que ce produit soit mieux connu et de dealer avec L’Oréal par exemple, elles auront disparu », fulmine enfin Mme Majouo. 

Expérience notable venue d’ailleurs : les entreprises dirigées par les femmes sont très légèrement plus rentables. « Cette surperformance se retrouve dans la quasi-totalité des secteurs », explique le rapport de l’’index Women Equity 2017, constitué à partir de l’analyse de 38 617 Pme, publié récemment par le journal économique français « Les échos ».

 

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