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Pastèque

Un business presque sans pépin

Les spécialistes recommandent d’investir dans la culture de cette cucurbitacée demandée.

 

Les avis d’experts, publics et privés sont  unanimes : la pastèque est une spéculation intéressante pour qui veut investir dans l’agriculture. « Il n’y a qu’à voir que depuis 20 ans, la production s’est disséminée à travers de nouveaux bassins de production. De trois, on est passé à sept. Il est indéniable que la production au regard de la demande des consommateurs, va croître davantage, aussi bien en ce qui concerne l’intérieur que le commerce extérieur. Si on n’a pas plus d’exportations jusqu’alors, c’est en fait parce qu’en amont, la production ne suit pas le rythme de la demande », analyse Théophile Nono, agro-consultant.

Jean-Claude Konde, délégué régional du ministère de l’Agriculture et du Développement rural pour le Littoral, note même que malgré la difficulté à maintenir en toute saison (sèche notamment) l’approvisionnement, la production croît. De 7465 tonnes en 2016, le Littoral a produit 7750 tonnes en 2017. A l’export, la pastèque est encore un bon risque. Elle est classée dans le trio de tête de la pyramide des fruits et légumes « théoriquement les plus attractifs des pays de la zone Afrique-Caraïbes-Pacifique, en direction des marchés de l’Union européenne ». C’est ce qu’indique une étude de marché réalisée pour 2017 par le Comité de liaison Europe-Afrique-Caraïbes-Pacifique (COLEACP), une Ong qui promeut le « développement d’une agriculture et d’une agro-industrie durables et compétitives ».

La spéculation est donc depuis 1998, comme l’indique M. Nono sur une phase ascendante où les exploitants, souvent jeunes, l’ont poussée en créant des champs nouveaux dont la production n’a pas fait baisser sensiblement les prix. « Beaucoup veulent manger une pastèque, mais c’est encore cher pour le ménage moyen. On est passé de 200 F/kg en 2016 à 296 F/kg en 2017. C’est dire qu’il faut encore plus pour démocratiser la consommation », observe M. Konde.

Dans le Littoral, les abords de Douala, au-delà de Japoma, dans le Nkam, autour de Dibombari, Mbanga, des investisseurs nouveaux ont pris racine. Théophile Nono assure néanmoins que « la culture peut se faire dans les autres régions (Nord et Extrême-Nord qui importent des pastèques nigérianes, Est, Sud) en dehors des bassins anciens de l’Ouest et du Littoral. La plantation devra toutefois se situer en deçà de 1300 m d’altitude et éviter les sols gorgés d’eau. » Selon cet expert, « les opportunités d’investissement gisent d’abord dans la création de maraîchages à petite échelle (un demi hectare) ou à échelle moyenne (au-delà du demi jusqu’à deux hectares ». 

Pour gagner davantage, après avoir pris pied dans l’activité, la culture de contre-saison est un moyen sûr. Mais d’autres opportunités existent: confection de sirop, de jus, de graines grillées pour apéritifs, etc. Mais avant de se lancer, quelques conseils d’ingénieurs : miser sur l’intensif à partir de petites superficies enrichies d’engrais organiques et veiller à un strict contrôle phytosanitaire, maîtriser les critères de maturation et de maturité pour récolter à point.  

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