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Kilama : Chaussé…à l’africaine

Fabriqués à base de jutes et de tissu pagne, les espadrilles de la marque Kilama s’installent dans u

Invité au mariage de sa camarade de classe en février 2016, Yane Balog est rentré non pas avec une dragée, mais avec une idée d’affaires qu’il a décidé de concrétiser en juillet 2016, juste quelques mois après avoir « rendu service au couple » de mariés. En effet, sa camarade, belle dans sa tenue (d’où l’idée de Kilama, belle créature) souffrait le martyr dans sa paire de chaussures de grande marque à hauts talons. Le soir, à la réception, la belle n’a pas pu danser à son aise suite aux douleurs causées par ses chaussures inconfortables. Yane lui proposa alors en cadeau de mariage, le modèle d’une espadrille qu’il a fabriqué uniquement pour la circonstance. Aussitôt, reçu, la jeune mariée les a chaussés. Elle s’est sentie à son aise sur la piste de danse jusqu’à la fin de la soirée. Mais le véritable déclic viendra plus tard, lorsqu’il croise au quartier Bali, à Douala, dans la capitale économique du Cameroun, un certain Ali, fabricant d’espadrilles au doigté magique. 

Il renforcera ses connaissances dans la cordonnerie, les compositions et l’harmonisation de couleurs. Refusant de reproduire tel quel ce qu’il a appris, il décide d’utiliser des jutes pour les semelles et du tissu pagne pour revêtir la chaussure afin de lui donner de la souplesse. Voici plus d’un an que l’entreprise existe. La paire de chaussures coûte actuellement 10 000 F à l’atelier. Le processus de fabrication est connu de ses clients. Il achète les jutes bruts au marché Congo à Douala, les transforme (en semelles) dans son atelier avant de les associer aux autres composantes de la chaussure. Le choix du jute apporte une touche locale et donc une valeur ajoutée à ses produits faits à la main. C’est ainsi qu’est né Kilama qui signifie selon Yane Balog, « la plus belle âme, la plus belle créature, la plus belle chose » en langue bassa. 

Les espadrilles de la marque Kilama se portent pour toutes les cérémonies. De même, insiste Yane Balog, « ces chaussures se portent avec des vêtements de ville tout comme des boubous sahéliens ». Pour lancer son activité, il a levé des fonds à la manière des start-ups, sur la Toile. Pour faire connaître ses produits, il s’est servi des réseaux sociaux. Dans la même lancée, il poursuit le développement de son affaire par des collaborations avec des designers grâce au networking. « Il arrive souvent que j’anime des ateliers participatifs pendant lesquels je peux montrer aux intéressés comment fabriquer des bijoux ou les customiser avec du Wax, des accessoires », soutient le jeune artisan qui a misé sur l’économie numérique pour se faire une place au soleil. 

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