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Filière riz : A l’épreuve de la production industrielle

Malgré les efforts du gouvernement, les producteurs surfent toujours entre le manque d’intrants et l

Sur les besoins annuels en riz estimés à 700 000 tonnes, le Cameroun en produit à peine 100 000 tonnes et en importe 500 mille. Sur le terrain, les techniciens estiment la production de riz à 3,5 tonnes à l’hectare, au lieu d’un minimum de six tonnes, quand les bonnes conditions sont réunies. Pourtant, ce ne sont pas les terres cultivables qui manquent. Bien plus, la proximité du fleuve Logone dans ces bassins de production est un atout de taille. Il y a quelques années, l’Etat a déployé des efforts substantiels afin d’améliorer la production du riz au Cameroun. Dans la région de l’Extrême-Nord, la création de la Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (SEMRY) il y a des décennies, avait pour objectif de booster cette production locale. Mais au bout du compte, les résultats sont loin d’être à la hauteur des attentes. 

Selon les producteurs, plusieurs difficultés sont à l’origine de cette situation. Les terres ne sont pas mises en valeur, faute de moyens mécaniques, de routes et d’intrants nécessaires pour une production à grande échelle. A Damdam par exemple, un bassin de production du riz non négligeable dans le Mayo-Danay, les producteurs butent encore sur le manque d’équipements. Robert Bara, délégué de l’organisation des riziculteurs de Damdam indique que le périmètre rizicole leur pose beaucoup de problèmes. « Le sol est productif, mais dur à travailler à la main. Il nous faut un tracteur. Nous disposons de deux motopompes, mais le canal qui amène l’eau dans les rizières est en mauvais état. Il faut refaire complètement le canal », explique-t-il. 

La mécanisation n’est pas la seule difficulté à laquelle est confrontée les riziculteurs. Selon notre source, il faut ajouter à cela les faibles moyens dont disposent les paysans pour une production à grande échelle. Un doigt accusateur est pointé sur les techniques culturales et l’indisponibilité des intrants.
« Le problème crucial ici c’est le manque d’intrants, surtout l’engrais dont le coût est très cher pour les riziculteurs », poursuit Robert Bara. Même son de cloche chez Marcus Labia, délégué du groupement des riziculteurs encadrés par la SEMRY. Ce dernier soutient que le prix élevé des engrais ne permet pas au producteur de gagner des bénéfices après les récoltes. « Le riziculteur perd plutôt. La gestion de l’eau demeure un casse-tête dans les rizières à cause des coupures récurrentes d’énergie électrique », ajoute-t-il. 

L’espoir pourrait venir du dernier conseil d’administration de la SEMRY tenu à Maroua le 10 janvier dernier. A la fin des deux jours de travaux, le président du conseil d’administration, Midjiyawa Bakari a affirmé que « l’avenir est rose pour la SEMRY au vu de l’engagement et de la détermination de son personnel ». La matérialisation de ces propos est attendue.

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