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« Le sac de mil rouge coûte en moyenne 20 000 F »

Abel, producteur de céréales à l’Extrême-Nord.

Qu’est-ce qui explique la flambée du prix du mil en ce moment sur les principaux marchés de l’Extrême-Nord ?

Cette année, les paysans n’ont pas eu de bonnes récoltes. Les changements climatiques en sont certainement la cause. Nous n’avons pas eu assez de pluies. A certains endroits de la région de l’Extrême-Nord, les pluies n’étaient pas suffisante. Il n’a pas plu de manière continue comme on l’aurait espéré pour mener à bien nos activités agricoles. Autre problème, depuis 2014: une bonne partie de notre production est rachetée par le Tchad qui a plus de difficultés que nous, du fait de l’avancée du désert. Par ailleurs, certains paysans ont été déplacés à cause de la guerre contre Boko Haram. Ils ont abandonné certains champs pourtant fertiles. Avec toutes ces réalités, vous comprenez facilement pourquoi la quantité de céréales récoltées a été faible cette année, ce qui explique la flambée du prix sur les marchés.

Quels sont les prix pratiqués en ce moment ?

Je vais prendre l’exemple du mil rouge qui est considéré par la population de l’Extrême-Nord comme étant habituellement moins cher et à la portée de tout le monde. Il figure également parmi les céréales qui s’adaptent le mieux aux caprices du climat puisqu’il arrive à maturité avant les autres varietés. Le sac de 100 kg coûte 25 000 F à Yagoua. A Maroua, il coûte 23 000 F. Le même sac coûte 26 000 F au marché de Maroua Salak. Ainsi donc la moyenne sur les marchés est de 24 000 F pour le sac de mil rouge, considéré comme le moins cher. Pourtant, ce même sac de mil rouge coûte généralement 10 000 F. 

Généralement lorsque la saison n’est pas favorable, les paysans se rattrapent sur le sorgho mil de contre saison.

C’est vrai. Mais nos espoirs pour ce sorgho ont été réduits à néant par la chaleur. Ceux qui ont commencé les activités il y a deux mois ont vite déchanté. Les jeunes pousses, après avoir atteint 70 cm de croissance se sont mises à sécher. Du coup, les paysans les ont fauchées pour servir de foin aux animaux. Le maïs semble être l’alternative actuellement. Sauf que ce n’est pas une céréale ancrée dans les cultures locales. Et puis, le prix moyen du sac de maïs est également de 20 000 F actuellement.

 

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