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Edito

L’apport des banques... à la terre

Le programme de développement de la microfinance rurale a récemment organisé à Yaoundé un atelier visant à former les dirigeants et promoteurs d’établissements de microfinance sur une meilleure compréhension du secteur agricole et son financement. A l’occasion, le coordonnateur national de ce programme a fait le constat selon lequel les banques financent peu le secteur agricole. Pourtant, le besoin en termes de financement de l’activité agricole est immense dans notre pays. En France, aux Etats-Unis, dans la plupart des pays du monde qui ont conscience de l’impact de l’agriculture dans leur développement socio-économique, le secteur agricole bénéficie des subventions conséquentes. Et le Cameroun, dans son Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE), met un accent particulier sur l’agriculture, avec un point d’honneur sur la transition tout azimut vers l’agriculture de seconde génération. Ce qui suppose une mécanisation plus accrue, une production au moins décuplée, pour un marché interne, sous-régional et international à conquérir…  

Le chef de l’Etat, Paul Biya, n’a de cesse de rappeler à la jeunesse et à toutes les couches de la société camerounaise l’importance de l’agriculture dans le développement de notre pays. Une vision, mieux une politique bien articulée, portée le gouvernement de la République qui s’est engagé de manière irréversible sur cette voie, dans le but de la concrétiser, à travers de nombreux programmes. Lesquels visent à soutenir la production agricole sur le plan qualitatif et quantitatif. La place des partenaires au développement qui accompagnent le Cameroun dans cet ambitieux programme de développement agricole, n’est pas à négliger. Cet apport est indéniable avec des résultats probants dans plusieurs microprojets. Autre appoint très attendu : le projet d’une banque agricole en gestation. Mais peut-on s’en tenir à cette seule banque ?  La réponse est évidente : non. 

A vrai dire, les banques commerciales devraient jouer un rôle crucial dans l’accompagnement des petits et grands exploitants, aussi bien pour les questions de l’accès à la terre, de la semence améliorée, de la formation des acteurs, de la modernisation des outils de production…  Il n’est pas superflu d’envisager la création au sein des banques commerciales de départements spécialement en charge de l’accompagnement des ouvriers de la terre. Comme on le voit sous d’autres cieux. Cet accompagnement devrait commencer par l’acquisition des terres jusqu’à la conquête des marchés, en passant par la transformation. Aucun pan de ce secteur névralgique de notre économie ne devrait être laissé de côté. Les banques y gagneraient, sans nul doute, en termes de revenus, sur tous les plans. Parce que la plupart des pays du monde s’enrichissent du fait de la valorisation de l’agriculture, précisément de la terre, de son humus et des fruits qu’elle produit. 

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