loader

L’escargot qui fait du chemin

Comme les viandes concurrentes, Ufa Snails élève et propose le gastéropode prêt à l’emploi.

Un commerçant chinois a demandé récemment à Rofur Tchifu Mbunkur s’il pouvait lui fournir vingt tonnes de chair d’escargot prêtes à la cuisson. « La discussion s’est arrêtée rapidement parce que c’est tout simplement inimaginable au regard de notre production annuelle qui tourne autour de deux tonnes », commente le promoteur de Ufa Snails, la marque sous laquelle il commercialise ses escargots frais ou séchés. De cette discussion sans suite, il tire néanmoins une grande source de satisfaction : l’escargot camerounais, et partant la marque Ufa Snails qu’il a créée avec d’autres éleveurs, a de beaux jours devant lui.

Distribuée directement ou auprès de revendeurs à Douala et Yaoundé, la viande est empaquetée sous des emballages d’un demi-kilo ou d’un kilogramme pour les consommateurs (70%) qui la préfèrent telle qu’elle a quitté sa coquille, fraîche. Elle coûte alors 2500 F ou 5000 F selon le poids. Séchée, elle est plus chère : 20 000 F le kilo ou 10 000 F pour la moitié. Dérivé encore moins connu que la chair, le liquide tiré de la bave et qui sert aux soins esthétiques comme l’effacement des vergetures, la cicatrisation des plaies…

Lancée il y a deux ans, Ufa Snails cherche le moyen de devenir un label qui popularisera la consommation d’escargots. La marque s’est donc fondée sur l’idée de produire elle-même, plutôt que de récolter en forêt ou ailleurs, les délicieux « Kongo Meat », comme on les appelle dans le Sud-Ouest où leur consommation est plus fréquente qu’ailleurs au Cameroun. Un souci de pérenniser l’espèce et de maintenir une fourniture régulière des marchés, au-delà des 200 clients réguliers qui, pour l’essentiel ont été recrutés via une page Facebook.

Une ferme installée dans la périphérie ouest de Douala produit depuis 2016 des escargots d’une espèce autochtone. « Tout est tiré du terroir car nous les alimentons de feuilles vertes, de fruits, de sel gemme qui sert à développer leurs coquilles, elles-mêmes gages d’une bonne croissance de la masse de chair», résume M. Mbunkur. Avec ses 250 000 F mensuels, le poste de dépense alimentation est naturellement le principal de l’activité pour la production d’Ufa Snails qui n’a pas encore « trouvé sur les étals une production concurrente ». Le souci principal de ses promoteurs et douze employés permanents comme saisonniers demeure donc la croissance de la bonne réputation de l’escargot. 

Partager cet article

Commentaires

    List is empty.

laisser un commentaire

Autres articles à lire ...


Après les travaux préliminaires débutés e...


Le 30 octobre dernier à Yaoundé, les experts de la douane de l’Afrique centrale et de l’Ouest se sont séparés après deux jours d’échanges et de réflexions sur l’avenir de ce secteur névralgique, à l’aube de la création de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC). L’élaboration des premiers contours du plan stratégique triennal 2019-2022 en vue de faciliter les échanges en est la principale résolution. L’option de la mutualisation des forces, à travers entre autres, l’harmonisation des régimes douaniers et la nu...


La Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat du Cameroun (CCIMA) tire la sonnette d’alarme. Le chiffre d’affaires des promoteurs des PME de la place est en baisse selon une récente étude réalisée en mars et avril derniers, disponible sur son site Internet. Sur un échantillon de 241 PME, 44,59% des chefs d’entreprises consultés dans le cadre de l’enquête baromètre 2018 reconnaissent une baisse de chiffre d’affaires en 2017.

L’enquête révèle en outre que les artisans ont été les plus affectés (65%) du fait des condition...