loader

Elise Ndongo Nyemb : De la multinationale au salon de coiffure

Elle voulait se coiffer naturellement et joliment comme ses ancêtres, au point d’en faire une entrep

Profil

Quitter un emploi de cadre dans une multinationale pour ouvrir un salon de coiffure ! « Oui, c’est ce que j’ai fait », dit Elise Ndongo Nyemb, le sourire mesuré aux lèvres, semblable à celui qu’arborent ceux qui connaissent la fin de l’histoire, tandis que d’autres tremblent devant les circonstances actuelles. Quand on sait ce qu’on veut et ce qu’il faut faire, on s’engage en payant le prix, commente, philosophe, cette néo-businesswoman. Entre les obligations de son ménage, son ancien emploi et son militantisme nappy, la jeune femme ne trouvait donc pas l’espace pour réaliser ce qui est devenu So Natural, So me, le salon de coiffure exclusivement consacré aux cheveux crépus de ces dames.

Elle ne se lamente pas de ce que sa mutation professionnelle lui a coûté, contrairement à ce que l’on peut penser: « Chaque chose a un prix et nous ne devons pas attendre que ce que nous souhaitons arrive... » La réussite qu’elle construit à petits pas dans son salon pourrait avoir une part importante dans l’état d’esprit de cette Africaine engagée pour des changements fondamentaux depuis qu’un jour de 2008 elle a arrêté de se défriser. Hors des murs de son entreprise, elle accomplit régulièrement des pèlerinages dans les collèges et lycées de la ville, pour parler aux filles notamment...futures clientes.

Il arrive que, pour le bien du cheveu naturel, cela touche ces âmes influençables. Il y a quelque temps, témoigne-t-elle fièrement en observant des lycéennes dans un établissement tenu par des religieux à Douala, elle s’est plu à noter une statistique : 60% de chevelures défrisées contre 75% lors d’une précédente évaluation. Une réduction qui n’est pas un simple chiffre. La question, plaide la trentenaire, n’est pas que commerciale (au regard des importations de défrisants, mèches et greffes qui causent des alopécies). Il y va de l’estime de soi, de l’avenir de l’humain dit noir.

Gagner sa vie en changeant le monde, quoi de plus motivant? Il reste un souci : trouver des modèles sociaux, des figures du monde économique, des arts ou du sport pour servir de modèles et appuyer décisivement, définitivement, le coup d’envoi du retour du cheveu naturellement en bataille.

Partager cet article

Commentaires

    List is empty.

laisser un commentaire

Autres articles à lire ...


Après les travaux préliminaires débutés e...


Le 30 octobre dernier à Yaoundé, les experts de la douane de l’Afrique centrale et de l’Ouest se sont séparés après deux jours d’échanges et de réflexions sur l’avenir de ce secteur névralgique, à l’aube de la création de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC). L’élaboration des premiers contours du plan stratégique triennal 2019-2022 en vue de faciliter les échanges en est la principale résolution. L’option de la mutualisation des forces, à travers entre autres, l’harmonisation des régimes douaniers et la nu...


La Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat du Cameroun (CCIMA) tire la sonnette d’alarme. Le chiffre d’affaires des promoteurs des PME de la place est en baisse selon une récente étude réalisée en mars et avril derniers, disponible sur son site Internet. Sur un échantillon de 241 PME, 44,59% des chefs d’entreprises consultés dans le cadre de l’enquête baromètre 2018 reconnaissent une baisse de chiffre d’affaires en 2017.

L’enquête révèle en outre que les artisans ont été les plus affectés (65%) du fait des condition...