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So Natural, So me

Des cheveux en… batailles

Certaines, surprises de ne pouvoir se faire poser une greffe referment la porte du modeste établissement à l’allure ordinaire en disant : « Vous allez vous en sortir ? » Anecdote amusante et révélatrice de l’exception qu’il constitue dans la forêt de salons de coiffure ordinaires qui peuplent Douala. Rien de bien grave pour la patronne de So Natural, So me, une Sarl (société à responsabilité limitée, Ndlr) qui va sur ses deux ans, mais que l’on peut considérer comme bien plus âgée, l’affaire étant partie d’une rupture personnelle de Elise Ndongo Nyemb avec son ancienne… tête. Ainsi est né le salon «exclusivement » (l’on y insiste sur le sens du mot) destiné à coiffer, conseiller et même soigner le cheveu africain.

Entreprise unipersonnelle, l’objet de So Natural, So me, est à la croisée de l’éducation, de l’engagement social et des affaires. Il assure à ses clientes et clients de coiffer sans douleur, chez la gent féminine s’entend, les têtes aux cheveux crépus. « Nous avons identifié au fil des années dans le mouvement Nappy (contraction de natural and happy, qui désigne un groupe d’Africains militant pour la restauration et le développement des cheveux naturels, entre autres) quelques questions préoccupantes : le temps nécessaire pour se coiffer, des mains expertes, des conseils, etc. A chacune de nos rencontres, les mêmes questions revenaient car pour beaucoup, nous avons oublié toutes les techniques ancestrales de traitement et d’embellissement du cheveu », résume la jeune entrepreneure.

Cinq millions de francs investis dans cet espace où quatre à cinq clientes peuvent être reçues à la fois ont transformé l’idée en réponses aux questions des meetings de Nappy de Douala. A So Natural, So me, on peigne et applique des huiles pour réaliser les fameux « matobos » d’antan, ces jolies touffes qui coupaient en figures géométriques irrégulières les frimousses de la majorité des petites camerounaises jusqu’à la dernière décennie encore. Tout ce qu’il y a de plus ordinaire chez un coiffeur. En plus des produits capillaires made in Cameroon. Le plus et le must, qui tient à cœur à la promotrice, c’est cependant le coaching capillaire. Un mélange d’observation et d’analyse de chaque texture du cheveu présenté, de manière à déterminer les meilleures pratiques, le traitement idéal d’entretien, la coiffure la mieux adaptée.

Et contrairement à ce que pensent les clientes surprises par le refus de faire tissages et défrisages, So Natural, So me se porte bien. « Les conseils, c’est ce qui marche. Les gens veulent vraiment changer et reconstruire les ponts cassés avec une culture qui leur permettait de s’asseoir pour s’occuper de leurs têtes, de connaître les bons gestes, les produits locaux adaptés et accessibles, redécouvrir l’art de la tresse qui se perd», se satisfait Ndongo Nyemb en soulignant la valeur de bien économique immatériel qu’est le savoir-faire des coiffeuses traditionnelles.

Et si vous lui dites que beaucoup de ces dames trouvent encore prohibitifs les tarifs du only nappy, elle vous montre le contraire chiffre à l’appui : 3000 F pour une coiffure originale qui mettra deux à trois semaines. 

 

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