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Edito

La voie de la discipline budgétaire

Dans le cadre du programme de réformes économiques et financières, conclu avec le Fonds monétaire international et soutenu par la Facilité élargie de crédit, le Cameroun s’est engagé à mettre en place un plan de discipline budgétaire, visant à faire face aux défis inhérents à la conjoncture difficile qu’il traverse. Le 31 décembre dernier, au cours de son adresse à la Nation, le président de la République, Paul Biya, a réitéré cet engagement en invitant de fait l’ensemble des acteurs de la gestion de la fortune publique à s’y conformer, avec détermination et esprit patriotique. 

Il faut peut-être rappeler que cette discipline budgétaire renvoie de manière générale à trois grands principes. Le premier concerne l’impérieuse nécessité de se conformer à la loi de finances, voté par les représentants du peuple (Parlement) et promulgué par le président de la République. Le budget étant la somme de prévisions des recettes et dépenses auxquelles il faut aussi se conformer, en évitant de nombreux écarts relevés lors de l’exécution des exercices budgétaires antérieurs. Il ne faut pas compromettre le budget en y ajoutant, par exemple, des objectifs non convenus. En outre, la discipline budgétaire convoque le respect  scrupuleux des procédures, des règles de gestion, de la comptabilité publique… Les experts s’accordent à dire que si les marchés publics, pour ne citer que cet exemple, doivent être réalisés en procédure normale ou procédure d’urgence, il faut respecter la donne. Cela suppose de s’en tenir, sauf cas de force majeure lié à la conjoncture économique, aux priorités et objectifs définis. Enfin, tout ceci doit être mis en musique, pour permettre une meilleure qualité de la dépense publique. Dépense qui concerne aussi bien le fonctionnement que l’investissement. 

C’est bien dans cette voie que le gouvernement de la République s’est engagé depuis quelques années, et particulièrement depuis 2017, à travers des mesures fortes de simplification, d’encadrement, de formation, de réduction du train de vie de l’Etat… Et les effets, bien entendu, ne se sont pas fait attendre. Du fait de ce souci de rigueur budgétaire, l’on est, par exemple, passé de 13 milliards de F alloués à l’achat des véhicules administratifs dans le budget 2013 à sept milliards de F en 2017. Mieux encore, cette enveloppe a été ramenée à six milliards de F en 2018. 

L’exigence de discipline budgétaire n’est pas l’apanage du seul gouvernement camerounais. Elle est au cœur des politiques publiques à travers le monde et même dans les grands regroupements économiques tels que l’Union européenne où l’on a, par exemple, mis en place une cour chargée d’y veiller. L’engagement bénéfique de notre pays à prendre la voie de cette discipline entraînera, sans doute dans les prochains jours, la mise en œuvre de mesures découlant de la loi de finances et davantage encore à travers l’implémentation de différents outils et mécanismes, dont les plus en vue sont le conseil de discipline budgétaire et financière, les contrôles financiers, les missions d’inspection… A vrai dire, la discipline budgétaire dont les bienfaits sont incontestables augure de belles perspectives pour une économie comme la nôtre, engagée sur des grands chantiers de sa modernisation, de sa compétitivité, et la relance de sa croissance. A condition que chaque acteur joue effectivement sa partition.   

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