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Edito

Pour plus de cohérence dans le pilotage

Le Cameroun peut-il atteindre le taux de croissance de 4,2% du produit intérieur brut projeté en 2018 ? Quels leviers le gouvernement doit-il actionner pour réaliser le budget de la nouvelle année d’un montant de 4513,5 milliards de F, alors que les PME nationales croulent sous le poids de la dette ? Cette enveloppe budgétaire est nettement en hausse, comparativement à celle de 2017, qui était de 4373,8 milliards de F. Soit une augmentation de 139,7 milliards de F en valeur absolue et 3,2% en valeur relative. Cet ambitieux budget qui va s’exécuter dans un contexte national marqué par la baisse des recettes pétrolières et la persistance des foyers d’insécurité,  nécessite d’importantes dépenses pour les forces de défense et de sécurité dans les régions de l’Extrême-Nord (lutte contre Boko Haram), l’Est (les incursions des bandes armées en divagation en RCA). Sans oublier la situation socio-économique dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Le gouvernement est ainsi interpellé sur plusieurs fronts et devra mobiliser des ressources nécessaires pour organiser des élections prévues cette année, intensifier les préparatifs de la CAN 2019, poursuivre la mise en œuvre du « Plan triennal spécial jeunes » et parachever le « Plan d’urgence triennal » (Planut).   

Où va-t-on trouver les recettes nécessaires ? Les recettes non pétrolières sont de l’ordre de 2813 milliards de F, les prêts et projets sont à 571 milliards de F, les émissions de titres publics seront de l’ordre de 260 milliards de F, les financements bancaires sont à 96 milliards de F. Et les appuis budgétaires des partenaires au développement sont de 347 milliards de F. Dans ce registre, le programme économique et financier du Cameroun conclu avec le FMI, soutenu par la Facilité élargie de crédit, est une illustration des appuis attendus des partenaires techniques et financiers. Le recours au marché financier, par exemple, à travers l’emprunt obligataire.

Conscient des enjeux économiques de l’année 2018, le gouvernement de la République est déjà au four et au moulin. La mobilisation tous azimuts, et les concertations stratégiques sont quotidiennes au niveau des ministères à caractère économique.  La ressource temps est très précieuse et déterminante, pour tous les acteurs et intervenants dans la chaîne budgétaire. A travers une circulaire rendue publique le 2 janvier 2018, le ministre des Finances, Alamine Ousmane Mey, a fixé le cap de l’exécution du budget 2018, placée sous le signe de la rigueur, l’efficacité et l’efficience. Ce précieux document met un accent particulier sur les mesures devant contribuer à la mise en œuvre optimale de la politique budgétaire de l’Etat en 2018. Tout en rappelant les principes généraux les procédures à suivre, cette circulaire s’adresse à tous les responsables des administrations publiques, dirigeants d’entreprises et établissements publics, exécutifs des collectivités territoriales décentralisées, responsables de programmes et d’organes de contrôle. Des efforts de mobilisation des recettes sont attendus des administrations des douanes et des impôts. Le budget de l’Etat étant déjà exécutoire depuis le 1er janvier 2018, il est de bon ton que les acteurs de la chaîne budgétaire s’approprient ces outils de pilotage. En vue d’une meilleure exécution du budget 2018, selon les trois axes édictés par le chef de l’Etat: l’élargissement de l’assiette fiscale, la maîtrise de la dépense publique et la soutenabilité de la dette grâce à un effort accru de la qualité de la dépense. Le Cameroun qui projette son émergence en 2035 peut ainsi envisager la relance de sa croissance.

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