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Le « foléré » embouteillé

Une Pme a lancĂ© « DĂ©lices », une boisson tirĂ©e de l’oseille du nord Cameroun.

Faire d’une pierre, un, deux, trois et autant de coups que l’affaire le permettra. Comme souvent en affaires, c’est en effet d’un problème du quotidien qu’est partie l’aventure de la boisson « Délices ». Un jus d’oseille, le fameux foléré, venu du sahel camerounais. Dans des bouteilles d’un litre, 600 F ou d’un demi-litre, 350 F, la nouvelle venue tente de trouver une place au soleil depuis une dizaine de mois. Surtout en commençant par le tout-petit modèle, modeste comme la bourse des enfants à l’origine de la création : 250 ml à 100 F.

Au point, après de nombreux essais et ajustements opérés sur la demande des clients, la boisson Délices est le fruit d’une réflexion et de l’expérience d’une maman et commerçante. Chantal Noubiwa, vieux routier du commerce international, n’en pouvait plus de voir ses enfants souffrir d’avoir consommé leur péché mignon : un verre de foléré à la récréation. « Ils n’étaient pas seuls, car même dans mon entourage, beaucoup de parents se plaignaient de ce qu’il se passe quand à l’école, ils avalent n’importe quelle préparation de cette boisson que nous aimons tous consommer. J’ai commencé donc par en faire à la maison…», résume Chantal Noubiwa, directrice générale de la Pme Délices Fresh.

Mais c’est l’expérience de touriste d’affaires de cette entrepreneure qui va permettre de dupliquer des modèles vus en Afrique occidentale où le foléré est nommé « bissap » et se vend fort bien dans les grandes surfaces. Les approvisionnements ne manquent pas. Dans les champs du septentrion camerounais où l’on recueille les feuilles qui désaltèreront et satisferont les gourmets, Délices Fresh achète en moyenne 350 kg par mois de matière première, soit une dizaine de sacs. Les prix aussi demeurent globalement stables : entre 18 000 et 20 000 F les 35 kg, selon que l’on se trouve en saison sèche ou durant la moins bonne, quand il pleut. 

L’affaire est donc prometteuse et la boisson pourrait trouver sa place sur les étals des supermarchés comme dans les cours de récréation. Le problème, annonce Esthiane Endalle, l’un des chargés de promotion de « Délices », tient en un mot : méconnaissance. « Les clients sont très peu nombreux pour la simple raison que beaucoup ne savent pas que nous existons », regrette cet agent commercial. Certains, une petite minorité, doivent se laisser convaincre que le foléré tel qu’il est conditionné dans des bouteilles en plastique, n’a rien à voir avec les préparations mal assurées du commerce traditionnel. Ce qui n’empêche pas Esthiane Endalle de se donner un an pour pousser toutes les portes des espaces commerciaux où la boisson veut s’installer dans les habitudes de consommation à Douala.

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Commentaires

  • avatar
    6months ago

    Comment et oĂč s'en procurer on t-il un site ? Une page facebook ?

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