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Edito

Le coup de pouce… aux PME

Dans son message à la Nation le 31 décembre dernier, le chef de l’Etat, Paul Biya, a touché la cible la plus fragile et la plus importante de l’économie nationale. Les Petites et moyennes entreprises (PME), de par leur nombre et leur poids économique, représentent 95% du tissu économique national, selon des sources concordantes. Elles ne contribueraient qu’à hauteur de 36% au produit intérieur brut du pays. Les multinationales et grandes entreprises, quoique moins nombreuses, leur dament le pion. Selon une étude du Centre d’analyse et de recherche sur les politiques économiques et sociales (Camercap-Parc), 61 366 PME ont vu le jour entre 2010 et 2016. Et selon la Chambre du Commerce, d’Industrie, des Mines et de l’Artisanat, elles ont contribué à 70% des emplois créés dans la même période. Cet essor des PME est le fruit de la politique des facilités accordées aux porteurs de projets à travers les Centres de formalités de création d’entreprises, implantés dans les dix régions du pays. 

S’il est désormais possible de créer son entreprise en l’espace de 72 heures, sa longévité n’est pas toujours garantie. En effet, la durée de vie des PME camerounaises est particulièrement inquiétante. Certaines disparaissent les premiers jours de leur existence sans avoir contribué à la création des richesses ou d’emplois, comme le prédestinaient leurs promoteurs. D’autres meurent sans jamais proposer le moindre article ou produit sur le marché. Selon Camercap-Parc, 72% des PME camerounaises meurent avant deux ans d’existence. Par ailleurs, plusieurs contraintes plombent les performances de ces organisations : la forte personnalisation des structures, l’insuffisance d’une véritable culture entrepreneuriale, le lancement des activités par imitation, une connaissance insuffisante du marché, des lacunes dans la gestion financière, la mauvaise gouvernance des opérateurs… 

La prise en compte des difficultés des opérateurs économiques, et particulièrement celles des PME, dans un discours présidentiel, démontre, sans nul doute, que le chef de l’Etat reste attentif aux performances économiques de tous les secteurs d’activité. Il observe l’activité économique et est à l’écoute des difficultés des créateurs de richesse et d’emplois. « Une attention particulière sera accordée à la situation des PME, notamment pour ce qui est du règlement prioritaire de la dette qui leur est due, comme de l’amélioration de leur accès au crédit bancaire », a relevé Paul Biya. Cette instruction constitue, à n’en point douter, une véritable bouffée d’oxygène pour les promoteurs des PME, éprouvés par les difficultés de trésorerie durant l’année 2017. La nouvelle année sera certainement différente. Pour cause ! Les effets du programme triennal économique et financier conclu avec le FMI, soutenu par la facilité élargie de crédit, pourront être perceptibles sur l’économie à partir de cette année.  Il revient donc au gouvernement de traduire dans les faits cet accompagnement rapproché des PME, afin qu’elles jouent pleinement leur rôle de moteur de croissance. Et ce coup de pouce ne pourrait être bénéfique aux promoteurs de PME que si ces derniers réussissent à surmonter leurs handicaps, à adopter la culture entrepreneuriale et les bonnes pratiques. 

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