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« Le biogaz peut créer de nombreux emplois »

Thierry Nzhie, président de la Fondation Performax.

En quoi consiste la formation à la fabrication de biogaz que vous organisez ce 22 décembre à Douala ?

C’est en fait un atelier pratique qui s’insère dans une série initiée depuis quelque temps avec le concours de notre partenaire Royal Renewable Energy Cameroon. L’idée qui nous guide est de vulgariser des techniques simples qui peuvent être domestiquées à l’échelle d’un ménage ou adaptées à une communauté pour produire de l’énergie électrique, chauffer de l’eau dans les cuisines ou les hôtels, fabriquer des biofertilisants, etc. Il est donc d’abord question de sensibiliser les gens sur le méthane, ce gaz utile au développement dès lors qu’il peut créer des emplois, des activités, des revenus pour les ménages et les communautés. Durant une journée, nous attendons une cinquantaine de personnes qui apprendront notamment à installer et exploiter un biodigesteur alimenté par des déchets organiques. Chaque participant déboursera 15 000 F pour bénéficier de cet échange qui va au-delà de la journée car nous allons suivre jusqu’à l’an prochain la mise en œuvre de ce qu’ils ont appris.

Comment faire de petites ou de grandes unités de biogaz ?

C’est une question qui revient souvent, mais on ne peut pas être très précis. Ce que nous voulons avant tout, c’est d’être un moyen d’intéresser les gens et leur montrer que c’est accessible à presque tous. Nous allons par exemple expliquer comment l’on peut à partir d’un fût découpé, entasser des déchets qui pourriront et obtenir au bout de sept jours, le gaz nécessaire à la cuisine d’une maisonnée. Celle d’un restaurant demandera un peu plus que cela, car il faudrait une unité fixe, ainsi de suite pour ce qui concerne la production pour une communauté ou l’embouteillage…

Mais beaucoup de personnes ne réagissent que quand elles voient des exemples pratiques, évalués…

Dans la pratique, il faut 600 000 à 700 000 F pour un biodigesteur fixe. On n’a pas de chiffre quant à la quantité de déchets, car tout dépend de l’usage que l’on veut en faire mais à ce niveau d’investissements, un restaurant peut s’équiper. Pour un ménage, il faudrait 100 000 à 200 000 F, la production dépendant toujours du volume de déchets. Il est clair cependant que les avantages sont nombreux du point de vue économique et écologique : le méthane est un gaz propre, on n’a presque pas besoin de maintenance, les déchets sont gratuits. Il existe donc beaucoup de possibilités y compris avec les déchets humains. La plus grande utilité serait de mettre en place de grandes unités pour faire de l’électricité dans les communes. Les coûts de la production seront supportés par la vente de l’énergie produite.

 

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