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« Les consommateurs devraient constituer la première parade contre les fraudeurs »

Martin Charles Abessolo Monefong, chef de la brigade nationale des contrôles et de la répression des

La période des fêtes de fin d’année est perçue par les commerçants comme un moyen de faire des profits, parfois à tout prix. Quelles sont les infractions observées par la brigade sur le terrain ?

La fin d’année est un moment propice pour les commerçants véreux de faire des bénéfices indus, compte tenu de l’évolution de la demande à cette période. Le ministère du Commerce reste en veille. En effet, l’activité commerciale est régie par des lois dont la plus récente est celle de décembre 2015. Elle prévoit un éventail de ce qu’on pourrait considérer comme des infractions, des fautes et des délits et envisage les sanctions liées à chacune de ces situations. Il peut s’agir de marchandises non conformes à la norme d’application obligatoire, de marchandises frauduleusement entrées sur le marché, de marchandises dont la date de péremption est échue et que les commerçants, par divers subterfuges, essaient de remettre sur le marché. Il y existe également une batterie de fraudes liées à la métrologie. A ce niveau, on recense des commerçants qui faussent leurs instruments de mesure, qui dépotent les emballages pour réduire le poids des marchandises. Ces malfaisants sont ingénieux. Ainsi, notre combat est d’anticiper sur leurs fraudes même si cela n’est pas toujours évident. Chaque fois que nous décelons une fraude, ils en cherchent une nouvelle. Du coup, notre mission est un travail de recherche permanent afin de rumener ces fraudes à une portion congrue.

Comment veillez-vous au respect des normes et des prix homologués sur le marché en cette période de forte consommation ?

Le ministère du Commerce est organisé en plusieurs strates de contrôle. Un texte organique a mis en place des structures de surveillance et de contrôle. A ce titre, au plan national, j’ai l’honneur de diriger la brigade nationale des contrôles. Il existe des brigades régionales, départementales et aujourd’hui, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, vient d’installer des brigades de contrôle d’arrondissement. Ceci pour dire que nous avons une organisation qui permet d’être le plus proche possible aussi bien des opérateurs que des consommateurs. Comme chaque année, sous la houlette du ministre, nous avons déployé nos équipes pour procéder aux contrôles en rapport avec les sections que nous chapeautons, à savoir le contrôle des infractions liées à la métrologie, aux normes et de celles liées aux prix. Nos équipes sont sur le terrain pour la surveillance des marchés. Des sanctions pécuniaires (amendes) sont prévues. Pour ce qui est des normes et de la qualité, la sanction n’est autre que le retrait systématique des produits réputés non conformes soit pour destruction, soit pour déclassement.

Qu’est-ce qui est prévu au niveau régional précisément en termes de lutte contre la fraude ?

Chaque année, durant les périodes de forte demande, c’est-à-dire pendant les fêtes de fin d’année, le ministre du Commerce lui-même procède à des descentes sur le terrain. Evidemment, il a des représentants dans les régions à qui il instruit de procéder à ces contrôles. Tout ce qui est fait au niveau central est répercuté par nos collaborateurs dans les régions par les brigades nationales, régionales, départementales et d’arrondissement. Le consommateur devrait être protégé aussi bien à Yaoundé qu’à Kousseri ou à Mamfé. Par ailleurs, les marchés périodiques du Mincommerce sont organisés dans toutes les régions.

Quel est le rôle que le consommateur doit jouer dans cette veille au respect des prix ?

Les consommateurs devraient être la première parade à ces fraudeurs. Leur vigilance est requise pour détecter les fraudes décelables, mais surtout pour les dénoncer. Il faudrait que lorsqu’ils se sentent victime, qu’ils dénoncent. Nos structures sont là pour répondre. Nous exploitons systématiquement toutes les dénonciations, aussi farfelues soient-elles. Nous insistons sur le fait que la première parade à la fraude, c’est le consommateur, qu’il soit individuel ou en corporation puisque le ministère a toute une structure en charge du suivi des associations de protection des droits des consommateurs reconnues. Dans ce cadre, les consommateurs et regroupements de consommateurs devraient nous apporter toutes les suspicions d’infraction, de fraude ou de tout ce qui pourrait nuire à la justesse des prix et quantités.

Quelles astuces donnez-vous aux consommateurs pour ne pas se faire flouer par les commerçants lors de cette période festive ?

C’est une vaste question. La première chose que le consommateur devrait faire est de lire les dates de péremption des produits, par vigilance personnelle. Il devrait s’assurer, au moment où on procède à des pesées d’un produit, même s’il n’en a pas une connaissance aigue, que l’instrument utilisé ne fasse pas l’objet de manipulations. Il devrait pouvoir observer, au niveau des produits pré-emballés, que le contenu d’une marchandise n’a pas été touché ou modifié. Une fois que le consommateur a le moindre soupçon, qu’il se rapproche de nos services pour dénonciation. Si cette dénonciation est fondée, nous agirons par des sanctions prévues par les textes de régulation. Si elle ne l’est pas, nous aviserons.

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