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Riz importé : Onze jours pour l’enlèvement des cargaisons

Une résolution prise par le Port autonome de Douala le 11 octobre dernier, fixant le délai de franch

Le 24 novembre dernier, le Groupement des importateurs de riz du Cameroun (GIRC) a adressé une requête au ministre du Commerce avec pour objet « la non-réduction du délai de franchise pour la sacherie de cargaison de riz au port de Douala ». La sacherie est une technique de conditionnement du riz dans les sachets en plastique et/ou les sacs pour les transporter en toute sécurité. Le GIRC estime que ses activités sont menacées par la résolution prise le 11 octobre dernier par le Port autonome de Douala (PAD) lors de la 69e session de son Conseil d’administration. Ladite résolution ramène le délai de franchise pour la sacherie du riz de 90 à 11 jours. Une situation qui, de l’avis du secrétaire général du Groupement, devrait être préjudiciable à la profession, surtout en cette période de fêtes de fin d’année. « Il faudrait 83 jours pour finaliser les enlèvements d’une cargaison de 25 000 tonnes. A l’époque, la réglementation sur la franchise de 11 jours était appliquée lorsque le Cameroun importait à peine 25 à 30 000 tonnes de riz dans la perspective d’approvisionner deux à trois millions de personnes dont le niveau de vie était élevé, d’autant plus que le riz à cette période était un produit de luxe. Or, aujourd’hui, près de 75% de la population consomme du riz et le Cameroun compte plus de 23 millions d’habitants », argue Jacquis Kemleu Tchabgou. La durée de 83 jours étant considérée comme une pratique.  

Au niveau du PAD, on dit appliquer la loi. « Le délai de 11 jours pour les sacheries est une vieille disposition. C’est à la demande du gouvernement et de la Banque mondiale dans le cadre de la normalisation des activités du PAD », répond Raoul Simplice Minlo, chef de la Cellule de communication et du marketing du PAD. La résolution du PAD est motivée par le souci de désengorger l’espace portuaire et d’encourager les importateurs à enlever leurs marchandises à temps. « L’espace portuaire n’est pas un entrepôt. Certains opérateurs ont des cargaisons de riz qui sont stockées en attendant de trouver preneur pour vendre sur place. Or, le principe au port est d’accueillir et d’enlever », soutient Raoul Simplice Minlo. Ce dernier reste tout de même mesuré. « Il peut y avoir des aménagements liés aux exigences de la politique sociale du gouvernement dans le cadre de la lutte contre la vie chère prônée par le chef de l’Etat ». 

Une disposition règlementaire tout de même contestée du côté du GIRC. « Le délai de 11 jours est certes consigné dans un texte, mais il est irréaliste. Il  faut souligner que la coutume est une source de droit », précise son secrétaire général. Et si la donne ne change pas, les importateurs craignent entre autres scénarii, une augmentation minimale du coût de revient du riz d’environ 1818 F par sac de 50kg due à l’application des frais de stationnement. Soit un coût additionnel pour le consommateur de 36,5 F par kilogramme pour une cargaison de 25 000 tonnes. Une situation à laquelle il faut ajouter la difficulté à reconstituer les stocks de réserve qui sont actuellement inexistants d’après Jacquis Kemleu Tchabgou. « Ces stocks étaient de l’ordre de 40 000 à 80 000 tonnes. Lors de la concertation du 16 novembre dernier avec le ministre du Commerce, des dispositions ont été prises. Au moins quatre importateurs vont très prochainement faire entrer quatre bateaux de 20 000 à 25 000 tonnes de riz » rassure-t-il. Il revient au ministère du Commerce de trancher le problème. Au moment où nous mettions sous presse, les démarches entreprises auprès de ce ministère n’avaient pas prospéré.  

 

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