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Prot Cao : Le défi de la transformation du cacao

Lancée en 2014, cette entreprtise ambitionne de produire 50 millions de kg de chocolat à l’horizon 2

Dans l’une des installations de l’entreprise Production et transformation de cacao (Prot Cao), à Monou 2, un quartier de la commune de Bertoua 2, le visiteur est impressionné. Des produits dérivés du cacao : chocolat et autres produits cosmétiques, transformés localement sont exposés, ensachés. Certains sont conditionnés dans des boîtes. Ils sont alors exposés à la vente au niveau de l’usine. Ce sont des spécimens. Et sans doute, ces produits donnent une idée de la capacité de production de cette chocolaterie de droit camerounais. Prot Cao, c’est bien l’usine qui porte cette prouesse. Chocolat, produits cosmétiques, crèmes anti vergetures… Les produits fabriqués sont variés et divers. Le gouverneur de l’Est, Grégoire Mvongo et les autorités régionales, en visite sur le site, sont tombés sous le charme de cette usine. Le gouverneur n’a pas manqué d’encourager son promoteur le révérend Salomon Ango, président directeur général.

Prot Cao s’est engagée à transformer les fèves de cacao en produits finis. Ce projet est dans sa phase opérationnelle depuis trois ans. L’entreprise a commencé par produire le cacao en 2010, avant de passer à la transformation proprement dite. Salomon Ango, dit avoir saisi l’appel du chef de l’Etat qui demande à ses compatriotes à s’intéresser à l’agriculture. C’est ainsi qu’il a réuni un capital de 1,14 milliard de F, pour se lancer. Il a été bien inspiré de s’engager dans une filière porteuse qui connaît des petites difficultés à l’heure actuelle.. 

A l’Est, Prot Cao est la première usine à transformer localement le cacao. Elle fait office de pionnière et mise sur la diversification de ses produits. S’agissant du rayon cosmétique produit localement, on note cinq types de produits haut de gamme proposés : le savon, les crèmes anti-vergetures, les crèmes défrisantes, le lait de toilettes et l’huile de cheveux. Le tout est encore produit de manière artisanale. « Nous produisons jusqu’à l’ensachement des fèves de cacao dans le sac ». Deux types d’industrie constituent le menu de cette entreprise : la transformation semi finie et la transformation finie. Le premier type consiste à transformer les fèves en beurre de cacao, liqueur et poudre. Alors que le second fait la part belle à la transformation de produits de cacao en produits finis, comme les chocolats, les barrettes et tous leurs dérivés. Prot Cao dispose d’une capacité de production de 500 tonnes par semestre, soit près de 100 tonnes de chocolat par mois. 

Ces produits sont commercialisés sur le marché national et certains pays de l’Afrique centrale (Centrafrique, Gabon, Congo Brazzaville, Tchad, Quinée équatoriale). La demande nationale est estimée à 30 000 tonnes. Et les ambitions de Prot Cao visent la production de 50 millions de kg de chocolat à l’horizon 2035. Pour cela, il faudra passer de la phase artisanale actuelle à la phase industrielle, envisagée selon les promoteurs, pour janvier 2018. La matière première viendra de toute la région de l’Est, reconnue comme un grand bassin de cacao. « Nous voulons que le cacao produit à l’Est ne traverse pas le Nyong. Nous allons le transformer sur place », envisage Salomon Ango, pour qui, le salut des producteurs de cacao viendra de la transformation locale.

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