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Couverture sanitaire universelle : Comment en faire une réalité

L’élargissement de l’offre de santé, l’amélioration du plateau technique, la réduction des coûts des

Huit millions de personnes, soit 37,5% de la population, vivent en dessous du seuil de pauvreté au Cameroun. Elles disposent de moins de 931 F par jour pour satisfaire leurs besoins essentiels, à savoir se nourrir et subvenir aux besoins non alimentaires, selon l’Enquête camerounaise auprès des ménages (ECAM 4) de 2014. Au plan sanitaire, l’Ordre national des médecins du Cameroun (ONMC) estime à près de 70% la proportion des frais de soins de santé qui sont encore supportés par les familles ; le taux de personnes couvertes par l’assurance maladie avoisinant les 46%, selon le Dr. Guy Sandjon, président de l’Ordre. La dernière assemblée générale tenue du 24 au 25 novembre dernier de l’ONMC a planché sur l’assurance maladie et l’importance de la couverture sanitaire universelle (CSU) dans la réduction des inégalités d’accès aux soins de santé. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la CSU consiste à veiller à ce que l’ensemble de la population ait accès aux services préventifs, curatifs, palliatifs, de réadaptation et de promotion de la santé et à ce que ces services soient de qualité, sans que leur coût n’entraîne des difficultés financières pour les usagers. Au plan national, cette couverture sanitaire doit pouvoir prendre en charge 182 conditions de santé regroupées en soins externes (consultations médicales, examens de laboratoire, petite chirurgie…), en prestations liées à la grossesse (depuis la consultation prénatale jusqu’à l’accouchement) et comprenant les hospitalisations, ainsi que les évacuations sanitaires. Mais pour cela, il faudrait une mise à niveau du plateau technique des structures hospitalières et partant, l’amélioration du système de santé puisqu’en 2011, l’OMS classait le système de santé camerounais 164e sur 191 pays. Il faudrait par ailleurs, selon le Dr. Albert Ze, spécialiste en Economie de la santé, augmenter l’offre de santé. Si en 2014, le Cameroun comptait 4034 formations sanitaires publiques (72%) et privées (28%), des disparités sont observées dans leur répartition entre les zones rurales et urbaines. Des propositions ont été formulées par l’ONMC, notamment la réalisation d’une étude sur la population dans l’optique de définir qui peut payer des soins médicaux et à quelle hauteur. « L’une des étapes-clé de la mise en place d’une assurance maladie est de déterminer qui pourra avoir accès à l’assurance et quels sont les mécanismes à mettre en œuvre pour que l’assureur rentre dans ses frais », explique le Dr. Ze. Pour l’économiste, il faudrait également déterminer quel type d’assurance mettre sur pieds, volontaire ou obligatoire. Car, pour ce qui est de l’assurance volontaire, fait-il savoir, des mutuelles existent déjà mais peu de personnes y adhèrent.

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