loader

Les milliards virtuels de la publicité

Les experts discutent des moyens d’activation du potentiel endormi de l’audiovisuel.

D u simple au quadruple!  En revenus, ce serait  passer d’une dizaine  à une quarantaine de  milliards de francs annuellement.  Telle est la marge de progression  possible des recettes publicitaires des télévisions évaluée  par Camétrie, une entreprise  spécialisée dans les mesures  d’audience qui vient de publier  une étude de la consommation  des médias au Cameroun en 2017.  Ces résultats sont globalement  approuvés par les acteurs dirigeants des principales chaînes  et leurs partenaires. Eric Fotso, directeur général  de Canal 2 International, citant  une autre étude menée par TNS,  note d’ailleurs que depuis 2010  la télévision bénéficie d’un taux  d’exposition supérieur à la radio  (89 contre 86%). Pourtant, tempère Edwige Damen, directeur  commercial de STV, il faudrait  disposer de statistiques plus  exactes. Doubler le volume des  annonces publicitaires serait  une possibilité plus proche de  la réalité, estime-t-elle. Arsène  Otsama, spécialiste de marketing,  appuie en revanche la mesure  de Camétrie. Si l’on peut concéder que le marché est sous-exploité, il reste  à expliquer l’apparent manque  d’empressement des entreprises  audiovisuelles à capter la part non  investie. Edwige Damen pointe  du doigt un handicap : la baisse  artificielle des tarifs publicitaires  depuis 2009 du fait d’un dumping : « Certains ont offert à 50.000 F  les trente secondes de publicité  qui coûtaient alors trois fois plus  cher…» Mais toutes les chaînes  n’ont pas révisé à la baisse leurs  grilles des tarifs, sans compter les  relations personnelles capitales  dans ce domaine, relativise M.  Otsama. Bien qu’il reconnaisse le  flux réduit des budgets publicitaires dû à une molle croissance  économique. Eric Fotso, lui, analyse la situation  comme étant la conséquence  de la différence d’impact que  les publicités ont sur le public  local. « La consommation des  ménages n’est pas autant influencée par les médias qu’en  occident et le pouvoir d’achat  limite la transformation de l’intention en acte d’achat. Sans  oublier que les entreprises ont  d’autres moyens pour faire  connaître et consommer leurs  produits », souligne-t-il. Et de  regretter à son tour l’environnement économique global :  « Si l’économie de la sous-région  repart, la consommation autre  que celle des besoins primaires  va s’en ressentir et croître également. Cela concerne la classe  moyenne qui est bien moins  développée ici qu’en Afrique  occidentale. » En attendant, de l’avis d’une des  responsables d’achats d’espaces  publicitaires, Hélène Kenmegne  des Brasseries du Cameroun, il  faut envisager d’autres pistes de  chasse. Les médias « traditionnels  […] doivent se réinventer et  donner davantage d’occasions  à l’annonceur d’apprécier l’efficacité  et  la  rentabilité  de  la  relation media-annonceur. Le  Brand Journalism (journalisme  appliqué aux marques) peut être  une solution. » Chez Camétrie, on  envisage « une nouvelle ère pour le  paysage médiatique camerounais  » à condition qu’en apportant  la preuve de leur performance,  les diffuseurs gagnent davantage  la confiance des annonceurs.

Partager cet article

Commentaires

    List is empty.

laisser un commentaire

Autres articles à lire ...


Après les travaux préliminaires débutés e...


Le 30 octobre dernier à Yaoundé, les experts de la douane de l’Afrique centrale et de l’Ouest se sont séparés après deux jours d’échanges et de réflexions sur l’avenir de ce secteur névralgique, à l’aube de la création de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC). L’élaboration des premiers contours du plan stratégique triennal 2019-2022 en vue de faciliter les échanges en est la principale résolution. L’option de la mutualisation des forces, à travers entre autres, l’harmonisation des régimes douaniers et la nu...


La Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat du Cameroun (CCIMA) tire la sonnette d’alarme. Le chiffre d’affaires des promoteurs des PME de la place est en baisse selon une récente étude réalisée en mars et avril derniers, disponible sur son site Internet. Sur un échantillon de 241 PME, 44,59% des chefs d’entreprises consultés dans le cadre de l’enquête baromètre 2018 reconnaissent une baisse de chiffre d’affaires en 2017.

L’enquête révèle en outre que les artisans ont été les plus affectés (65%) du fait des condition...