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La fin du mercantilisme

Rien ne sera plus comme avant dans l’encadrement des livres et manuels scolaires  au Cameroun. En effet, trois textes du Premier ministre, signés le 23 novembre  dernier, viennent de mettre un terme à la dérive mercantiliste qui avait jusque-là  cours dans cette filière. A la lecture de la circulaire et des deux décrets du chef  du gouvernement, l’on retient que deux nouvelles instances, à savoir une commission  et un conseil d’agrément, sont désormais chargés de statuer sur les manuels scolaires.  La Commission, constituée des ministres dont les sphères de compétence touchent à  l’industrie du livre, aura pour mission la mise en place d’une politique nationale du livre.  Le conseil d’agrément, quant à lui, va s’occuper de façon spécifique du livre, du manuel  scolaire et autres matériels didactiques. Il faut désormais relever que le décret du 23  novembre valorise particulièrement le conseil d’agrément qui avait été créé en 2002 par  un simple arrêté.  Par ailleurs, la circulaire, destinée aux membres de la commission, revient en détails sur le  choix, la production, la distribution et la durée d’utilisation du livre scolaire. Désormais, un  seul livre par matière et par classe, de la maternelle à la classe de terminale, sera enseigné  sur l’ensemble du territoire national. Et la durée de ce livre est de six ans, renouvelables,  si le livre demeure meilleur. Les apprenants, sans nul doute, bénéficieront désormais  d’une formation de qualité, avec de meilleurs livres aux contenus biens élaborés. Les  parents verront ainsi leurs charges réduites. Puisque le nombre de livres au programme  vont considérablement baisser. Ils vont ainsi dépenser moins pour l’achat des livres de  leurs enfants. Certains parents pourront même effectuer des économies dans la mesure  où les aînés pourraient léguer des livres à leurs cadets. L’autre gain, et non des moindres,  est  l’instauration  de  la  saine concurrence  entre  éditeurs  locaux  qui bénéficieront des  mêmes abattements fiscaux. Ceux des éditeurs qui produisaient des livres de mauvaise  qualité, vont tout simplement libérer le plancher. Une attention particulière est également  accordée aux zones d’éducation prioritaire et aux écoles publiques à travers la gratuité  de certains manuels scolaires.  Il est bon de rappeler que les livres scolaires, sources des savoirs et des connaissances,  ne sont pas des marchandises ordinaires. Ils ont leurs spécificités en ce sens qu’ils contribuent à la formation de l’apprenant, de l’homme. Et ils ne sauraient donc faire l’objet  de marchandages de toutes sortes. La pratique qui avait jusque-là cours autour de livres  scolaires relevait de l’affairisme, d’un commerce illicite... En tout cas, elle était bien loin de  privilégier l’intérêt général de la communauté éducative. Conflits d’intérêts, délits d’initié,  amateurisme… étaient les traits saillants des prédateurs qui avaient pris en otage le livre  scolaire. Il était donc temps que le gouvernement siffle la fin de la récréation. Cette sortie  rassure tout autant qu’elle donne une preuve du fait que le gouvernement reste toujours  attentif aux débats citoyens qui portent sur des préoccupations socio-économiques. Et  il apporte des réponses appropriées aux questions abordées.

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