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Filière bovine : Les prix en chute libre

Outre l’insécurité qui frappe le secteur, le vol de bétail, les enlèvements des bergers menacent l’é

Plus de 2 millions de têtes de bœufs.  Dans l’Adamaoua, il y a plus de bovins que d’individus. Ce chiffre suffisamment expressif situe sur l’importance de l’activité d’élevage. La taille du cheptel est impressionnante. Depuis le déclenchement de la crise centrafricaine et l’afflux des réfugiés nigérians du côté d’Atta, frontière du Cameroun avec le Nigeria, vers Bankim, le  nombre de bœufs a encore augmenté. Beaucoup d’éleveurs centrafricains et nigérians sont entrés au Cameroun avec leur cheptel. L’élevage est l’activité économique phare de l’Adamaoua, première région de production de bovins du pays. Depuis trois ans, la filière fait face à beaucoup de problèmes. A l’insécurité dans les prairies se greffent des maux tels que le vol de bétail, les enlèvements de bergers avec demandes de rançon, les maladies animales provoquées par le brassage des cheptels locaux et étrangers, la situation sociale au Nigeria qui était un grand marché pour les éleveurs camerounais. Conséquence : le prix du bœuf a drastiquement baissé. Le délégué régional de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia) de l’Adamaoua, Moussa Yaya, parle d’une décote de 40 %. Les marchés à bétail jadis célèbres qui faisaient la réputation de la région ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes. Ngaoui, Dang, Martap, Belel, n’attirent plus. Ils se meurent. L’insécurité vient compliquer les choses. Lors d’une réunion de crise convoquée la semaine dernière à Ngaoundéré par le gouverneur de la région de l’Adamaoua, Kildadi Taguiéké Boukar, pour évaluer la situation sécuritaire en milieu agropastoral, on a appris que les victimes des enlèvements ont payé plus d’un milliard de F de rançons aux malfrats depuis 2016. Les activités criminelles autour des élevages sont devenues une industrie. Les bandits font le kidnapping des propriétaires des troupeaux, de leurs enfants, de leurs proches, voire des bergers qui assurent la garde de leurs animaux. Pris de panique, ils déboursent, sous la menace, de fortes sommes d’argent à ces malfrats. Le secteur est plombé. Ces situations malencontreuses ont entraîné une baisse de la production agropastorale dans la région. Les villages se vident. Les éleveurs bradent ou abandonnent leurs troupeaux pour se réfugier en ville. Par un effet d’entraînement, la production laitière et apicole accuse aussi un coup. Elle a sensiblement baissé. Les pouvoirs publics veulent sauver l’élevage et les activités connexes. De nouvelles mesures sont mises en route pour relancer la filière. L’appui des pouvoirs publics aux éleveurs, le renforcement de la sécurité autour des grandes zones d’élevage, la constitution des éleveurs en GIC, entre autres, sont de nature à remettre l’élevage bovin sur orbite.  

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