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Les leviers à actionner

Le Cameroun peut miser sur l’originalité et la diversité de ses ressources naturelles ainsi que sur

Selon les recommandations faites par l’Union africaine (UA), la facilitation des échanges entre pays africains doit débuter au niveau des différentes sous-régions. Le directeur général des Douanes camerounaises, Fongod Edwin Nuvaga, en donne une signification plus concrète. Selon lui, il s’agit « de supprimer les droits de douanes pour les produits en provenance des pays de la même sous-région». Cependant, poursuit-il, « ces produits sont assujettis à la TVA afin de permettre une concurrence saine avec d’autres produits ». Cette mesure qui a commencé par la CEMAC, devra s’étendre à la CEEAC. De même, les spécialistes estiment que les récentes ouvertures de frontières en zone CEMAC vont considérablement augmenter le flux des échanges de biens entre les Etats membres. Sur le plan régional, le sous-comité des directeurs généraux de Douanes de l’UA travaille à l’adhésion des pays membres à l’organisation mondiale du Commerce (OMC). Selon Chafik Essalouh, directeur des Etudes et de la Coopération internationale à la Douane marocaine, « l’adhésion de ces pays leur permettrait de bénéficier du programme de renforcement des capacités relativement à cet accord de facilitation des échanges ».  Dans ce rendez-vous du donner et du recevoir, le Cameroun dispose de plusieurs atouts. L’on sait que la sous-région CEMAC s’approvisionne en produits vivriers au Cameroun. Un marché de plus de 40 millions d’habitants pour les producteurs locaux. Toutefois, selon les statistiques du service économique régional de l’ambassade de France au Cameroun, les échanges entre les pays de la CEMAC représentent seulement 6,4% des exportations du pays en 2015. De même, le Nigeria voisin, avec plus de 180 millions d’habitants, est un grand marché pour les produits locaux. Du coup, le volume des produits vivriers pour la plupart a besoin d’être augmenté afin de satisfaire les demandes locale et africaine.  D’après les données du groupe de la Banque mondiale, le Cameroun produit environ deux millions de tonnes de banane par an, trois millions de tonnes de manioc, 1,3 million de tonnes de macabo, un million de tonnes de maïs, etc. Cette production qui demeure faible est également sous-transformée. Le Trésor français soulignera d’ailleurs que les exportations camerounaises sont composées majoritairement de produits peu ou pas transformés. Les secteurs de l’énergie et de la cimenterie constituent eux aussi une aubaine pour notre pays. En effet, selon les projections des acteurs du secteur, la production locale de ciment cumulerait à environ sept millions de tonnes par an à partir de 2018. De même, selon la « Revue synthétique des résultats pays, édition 2017 » de la BAD, le potentiel énergétique du Cameroun est estimé à 23 000 MW, ce qui en fait le deuxième en Afrique. Outre ces produits très demandés, la piste de la valorisation des produits locaux est à explorer pour un meilleur positionnement dans les échanges entre le Cameroun et les pays africains. Le poivre de Penja est une belle illustration en la matière. Sa labellisation a conduit à l’augmentation de son prix et à l’ouverture de nouveaux marchés. De même, 15 nouveaux produits sont à la conquête d’une indication géographique pour connaître aussi un tel tremplin. Il s’agit notamment de l’igname blanche de Mbé, de l’avocat de Mbouda, des échalotes de la Lékié, du cuir de Maroua ou encore la pierre de Pouma. Selon Fongod Edwin Nuvaga, le Cameroun doit explorer cet avantage d’avoir des produits uniques.

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