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Une exploitation locale fortement artisanale

Quantitativement, les exploitants artisanaux locaux sont les plus représentés, mais au plan qualitat

D errière la montagne de Bidzar, dans le Mayo-Louti, au Nord du Cameroun, la société Rocaglia déploie ses engins dans ses carrières de Biou. Créée à Figuil en 1946, après la découverte d’un gisement de calcaire, elle est la première entreprise à avoir obtenu un permis d’exploitation de carrières au Cameroun. Actuellement, elle exploite deux carrières dont une de marbre et une de granit pour produire de la chaux, du calcaire, des carreaux de marbre et du gravier de granit. Après elle, de nouveaux acteurs ont fait leur entrée dans le secteur et ont porté le nombre de titres d’exploitation de carrières à près de 70 en 2016, selon une étude du Centre régional africain pour le développement endogène et communautaire (CRADEC). Ainsi, CIMENCAM s’est lancé dans la production d’argile (environ 22 000 tonnes en 2014), de calcaire, de pouzolane et de sable. L’entreprise Razel, présente sur plusieurs chantiers de construction de routes et d’ouvrages au Cameroun, a obtenu une production de granulats de l’ordre de 194 429 tonnes en 2014 et une production de sable dépassant les 126 000 tonnes. Granulats du Cameroun (GRACAM) a quant à lui, réalisé une production de plus de 54 000 tonnes de granulats la même année. L’arrivée d’entreprises chinoises pour l’exploitation des carrières a fait baisser les prix du gravier. Construction Engineering Company (CEC) a ouvert une carrière en 2013 en lancant un premier chantier de production de gravats à Nkometou. Un an plus tard, un deuxième site a vu le jour à Nkozoa et un troisième a été ouvert en fin 2014 à Akak. C’est que, souligne Michel Bissou, cadre au secrétariat technique ITIE Cameroun, « s’investir dans le secteur minier demande beaucoup de capitaux. Des opérateurs forment des cartels pour s’y lancer. Au niveau local, l’activité est davantage informelle. Très peu d’artisans ont des autorisations » D’où la prépondérance d’acteurs dans l’exploitation artisanale traditionnelle qui, selon le code minier 2016, est réservée aux nationaux. L’activité s’observe donc à divers points de la ville de Yaoundé, notamment aux alentours du palais des Congrès où des exploitants locaux cassent la roche pour obtenir du gravier et l’acheminer vers leurs clients à l’aide de brouettes. Pour Michel Bissou, ce sont davantage les particuliers qui recourent à leurs services pour la construction d’habitations.  Depuis quelque temps, une nouvelle catégorie d’exploitation de carrières émerge. Au regard du nombre de chantiers (construction de routes, autoroutes, barrages…) lancés au Cameroun depuis quelques années, le code minier 2016 a institué les carrières d’intérêt public. « Elles sont adossées à des marchés publics. Un opérateur qui obtient un marché de construction de route peut engager l’exploitation de la carrière qui se trouve dans la zone de construction. Razel le fait dans ses projets de construction de routes et Camrail exploite une carrière à des fins de réhabilitation du réseau ferroviaire », explique Michel Bissou. Seulement, dans ces cas, ces entreprises ne sont pas soumises à la même fiscalité que les sociétés essentiellement orientées vers la vente des produits de carrière, notamment le paiement de cautions, de redevances… L’opérateur de route reste assujetti aux impôts de droit commun (patente, droits de douane…). En plus des compagnies étrangères, des opérateurs locaux comme KETCH s’investissent sur ce créneau.

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