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« Le gouvernement travaille au développement du capital humain »

Zacharie Perevet, ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle (MINEFOP).

Monsieur le ministre, quelle est à ce jour la situation de l’emploi au Cameroun en termes d’offre et de demande ? Le marché de l’emploi des jeunes dans notre pays est principalement caractérisé par un taux de chômage élargi. Il est plus élevé chez les jeunes de 15-24 ans (10,3%) et de 15-34 ans (8,9%) que celui dans l’ensemble de la population (5,7%). A cela s’ajoute un chômage des jeunes évoluant avec le niveau d’instruction et notamment plus élevé chez les diplômés de l’enseignement supérieur (27,1%). Par ailleurs, l’on note un chômage des jeunes différencié selon le milieu de résidence et selon le sexe. En effet, le taux de chômage des jeunes est plus élevé en milieu urbain (15,5%) qu’en milieu rural (4,3%). Il est de 8,5% chez les jeunes de sexe masculin et de 23,5% chez les jeunes de sexe féminin.  Monsieur le ministre, quelle est à ce jour la situation de l’emploi au Cameroun en termes d’offre et de demande ? Le marché de l’emploi des jeunes dans notre pays est principalement caractérisé par un taux de chômage élargi. Il est plus élevé chez les jeunes de 15-24 ans (10,3%) et de 15-34 ans (8,9%) que celui dans l’ensemble de la population (5,7%). A cela s’ajoute un chômage des jeunes évoluant avec le niveau d’instruction et notamment plus élevé chez les diplômés de l’enseignement supérieur (27,1%). Par ailleurs, l’on note un chômage des jeunes différencié selon le milieu de résidence et selon le sexe. En effet, le taux de chômage des jeunes est plus élevé en milieu urbain (15,5%) qu’en milieu rural (4,3%). Il est de 8,5% chez les jeunes de sexe masculin et de 23,5% chez les jeunes de sexe féminin.  Face à cette situation  quelle est la réactions des pouvoirs publics ? Le gouvernement a mis en œuvre une stratégie de l’emploi et de manière spécifique, un Plan d’action national pour l’emploi des jeunes (PANEJ) 2016-2020.  Cette démarche réaffirme la volonté du gouvernement de centrer son action sur la création d’emplois décents, notamment pour les jeunes, non seulement pour assurer une bonne redistribution des fruits de la croissance, mais aussi pour contribuer à la consolidation de cette croissance, lutter efficacement contre la pauvreté et promouvoir davantage la justice sociale. Ce plan a été élaboré par le MINEFOP, dans le cadre d’un processus dynamique et ouvert, mettant à contribution la pleine participation des ministères et administrations publiques impliquées, du Conseil National de la Jeunesse du Cameroun (CNJC) et d’autres associations des jeunes, des organisations des travailleurs et d’employeurs et des partenaires au développement (BIT et PNUD). Ceci dans le cadre du groupe de travail mis en place par mon département ministériel. Le but étant de fournir durant sa période d’exécution un peu plus de 380.000 emplois à nos jeunes. Quels sont les secteurs de l’économie qui recrutent le plus aujourd’hui ? C’est le secteur productif avec 275 661 emplois créés en 2016 qui recrute le plus en ce moment. Il englobe les secteurs primaire, secondaire et tertiaire de l’économie. Ce dernier secteur a, à lui seul, en 2016, favorisé la création de 125 000 emplois. Avec la dynamique des grands projets structurants dans laquelle est engagée le Cameroun. L’autre secteur d’activité qui recrute le plus est celui du bâtiment et des travaux publics (BTP). Nous avons également l’agriculture, l’hôtellerie, la restauration et les TIC parmi les plus grands pourvoyeurs d’emplois dans notre pays. Le paysage économique actuel met en lumière des secteurs porteurs à l’instar du numérique, du BTP ou encore de l’assainissement urbain avec un grand besoin de main-d’œuvre locale. Comment se présente l’offre d’emplois dans ces secteurs ? L’offre d’emplois est dense dans ces domaines. Et le gouvernement travaille de plus en plus au développement du capital humain pour répondre aux besoins dans ces secteurs. Nous avons par exemple en chantier actuellement avec le FNE, le programme « Urban Special Employment Program» de concert avec le MINEPAT. Ce programme consiste à recruter les jeunes dans certaines localités pilotes du pays pour réaliser des ouvrages et certaines infrastructures urbaines en utilisant les matériaux locaux. Au bout d’une certaine période, les jeunes bénéficient des appuis pour une installation à leur propre compte ou dans certains cas peuvent être embauchés dans les activités similaires. Notre souci est de l’étendre sur toute l’étendue du territoire si les ressources peuvent être disponibles. Dans la poursuite de sa politique de croissance accélérée par des investissements dans certains secteurs et branches de production, le gouvernement s’appuie sur des stratégies visant à créer de multiples emplois par l’utilisation des ressources locales par l’approche Haute intensité de main-d’œuvre (HIMO), expérimentée avec succès dans plusieurs communes du Cameroun. L’approche est une méthode d’exécution des travaux qui combine l’utilisation des équipements légers avec les ressources locales disponibles (main-d’œuvre, matériaux locaux, etc…). Elles permettent une participation efficace des communautés et des entrepreneurs locaux à la conception et à la réalisation des infrastructures (bâtiments, routes, systèmes d’irrigation, environnement, génie agricole, foresterie, services de ramassages des ordures). Elles offrent ainsi une bonne base de départ aux petits entrepreneurs qui peuvent apporter une contribution importante au développement d’une solide industrie locale. Dans notre contexte, cette approche offre de bonnes possibilités de réduire le sous-emploi en développant les PME au niveau local. C’est une technique qui combine de façon optimale la main-d’œuvre et l’équipement généralement léger donnant des résultats de bonne qualité et permettant de réaliser des économies à investir pour plus de création d’emplois et de richesses pour les populations. Quels sont les profils les plus sollicités dans ces différents secteurs ? Il s’agit surtout de profils d’ingénieurs et de techniciens pour ce qui est du BTP par exemple. Mais aussi des ouvriers qualifiés et les diplômés sans qualification selon les cas. Quelle est la politique mise en œuvre pour promouvoir les métiers d’avenir auprès des jeunes ? Votre question est importante et me donne l’opportunité de dire que les métiers d’avenir correspondent aux métiers les plus demandés par les entreprises et les métiers qui vont se développer dans les années à venir. La promotion de ces métiers auprès des jeunes passe de manière globale par l’introduction de nouveaux référentiels de formation et par l’ouverture des filières concernées dans les différents centres de formation professionnelle tant publics que privés. Les concertations sont menées régulièrement avec les chefs d’entreprises et maîtres d’ouvrages pour identifier leurs besoins en vue de développer des programmes de formation adéquats. Les métiers nouveaux exigent une formation pointue. Y a-t-il des dispositifs spéciaux dans votre département ministériel pour accompagner les jeunes Camerounais dans ce sens ? Permettez-moi de dire que tous les métiers exigent une formation pointue. Par conséquent, le gouvernement de la République est résolument engagé dans la formation du capital humain et il adapte sa stratégie de l’emploi en ce qui concerne tous les métiers et pas seulement les métiers nouveaux. Je voudrais insister sur cette notion de capital humain, parce qu’il s’agit d’une des clés de notre émergence. Pour ce qui est de l’accompagnement du gouvernement, je suis heureux de vous dire qu’il est effectif avec l’appui des partenaires nationaux et internationaux. Vous savez, le Cameroun ne vit pas en autarcie et sur le plan de la formation du capital humain, il existe des partenariats solides et fructueux. Il s’agit, par exemple, de la mise en place de trois Centres de Formation Professionnelle d’Excellence à Douala, Limbe et Sangmélima avec l’appui de la République de Corée ; il s’agit de la construction en cours d’un Institut national de formation des formateurs et de développement des programmes à Yaoundé, fruit d’un don de 3,2 milliards de F de l’Agence coréenne de Coopération Internationale (KOICA).  Quelles perspective dans ce domaine ? Nous avons, le projet de mise en place d’ici à 2020 de quatre Centres de formation aux métiers (CFM) dont le premier à Bandjoun, suivi de Maroua, Ndop et Ebebda, sur financement C2D à hauteur de 6,5 milliards de F. Mais aussi du  projet de mise en place d’ici à 2020 de deux Centres de Formation professionnelle sectoriels (CFPS) dont l’un à Douala en Agro-industrie et l’autre à Edéa en maintenance industrielle et transport/logistique, sur financement C2D à hauteur de 9,8 milliards de F. Je ne voudrais pas oublier la construction et l’équipement en cours à Nkongsamba du Centre de formation professionnelle dans les métiers de l’industrie (CFPMI) sur prêt de la Banque autrichienne RAFFEISSEN d’un montant de 3,27 milliards de F. Et très bientôt, démarreront les travaux de celui de Nanga-Eboko.

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