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Edito

Le prix… de l’incivisme

La semaine dernière, la ville de Yaoundé était en émoi du fait d’un important incendie survenu le 2 novembre à l’avenue la plus commerciale de la capitale, la réputée Avenue Kennedy, mitoyenne au marché central. Panique, frayeur, consternation ont mis populations et commerçants en branle. N’eût été l’intervention rapide et efficace des éléments du corps de Sapeurs-pompiers de la capitale, les dégâts auraient pu être plus dévastateurs. Avec des conséquences simplement incalculables. Dans son édition du vendredi, 3 novembre dernier, le quotidien national bilingue Cameroon Tribune relaye la complainte d’un commerçant dont l’échoppe est partie en fumée, en même temps qu’une quinzaine d’autres. « 200 millions de F de pertes estimées », avance-t-il, pour son petit magasin. Sur quelle base ce dernier reposait-il son évaluation? D’autant plus que du marché Mboppi à Douala, au marché Mokolo à Yaoundé, en passant par les marchés Congo et Central entre autres, on observe peu de commerces qui tiennent effectivement un inventaire et une comptabilité lisibles, susceptibles de permettre une évaluation certaine des pertes.  A l’Avenue Kennedy jeudi dernier, l’incendie est survenu du fait, apprend-on, et en attendant les résultats de l’enquête, des connexions électriques alambiquées et à risques. Les sinistrés avancent déjà des chiffres astronomiques engloutis par les flammes, sans que personne n’envisage la possibilité d’être dédommagé par quelque assureur. Raison : peu de commerces, parfois parmi les plus insoupçonnables songent à souscrire une police d’assurance. Mieux pour quelques-uns qui l’ont fait, les catastrophes constituent l’occasion d’une escroquerie à l’assureur… Des pratiques peu honorables qui méritent que dans les deux cas de figure, force revienne à la loi. Et que des mesures soient prises pour contraindre les commerçants à évoluer dans un environnement plus sécurisé et mieux régulé. Ceci, bien entendu, pour protéger leurs propres intérêts et exposer moins leur environnement à la précarité.  L’incendie de l’Avenue Kenndey comme bien d’autres enregistrés ces derniers temps dans nos marchés, rappellent, sans nul doute, que, dans la plupart des cas, la cote d’alerte de l’incivisme caractérisé a été atteinte dans bien des cas. Lequel incivisme finit toujours par rattraper les indélicats, les délinquants, les malins… et parfois des innocents. En cela, il faut peut-être agir, dans le sens envisagé il y a quelques années par les autorités municipales de Yaoundé, en appliquant dans son strict énoncé le principe du permis de bâtir. Surtout dans la zone commerciale où des parkings jadis prévus ont été remplacés par des baraquements et échoppes de toutes sortes. Rendant parfois difficile la circulation dans la zone. Il serait bon que cet incendie rappelle à tous l’urgence de l’assainissement entamé dans certains de nos marchés. Et le renforcement de la spécialisation des marchés. Si tous les acteurs jouent leur rôle de manière transparente et responsable, les incendies enregistrés sur les places marchandes du pays pourraient être considérablement réduits, voire évités.

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