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Oléagineux : Les exportations vers le Nigeria en baisse de 17%

C’est l’une des résultantes de la crise des réserves de change survenue en 2016, selon une étude sur

La chute des cours du pétrole a fortement pesé sur l’économie nigériane qui n’a enregistré que 2,7% de croissance en 2015. La situation économique du pays s’est encore dégradée en 2016 lorsqu’il est entré en récession suite à la pénurie de devises, aux coupures d’électricité, au climat sécuritaire tendu, à la chute de la consommation et de l’investissement ainsi qu’à la baisse de la production pétrolière. Dans son étude intitulée « Evaluation de l’impact de la politique monétaire au Nigeria sur l’économie camerounaise : Le cas de la crise des réserves de change ayant induit une dévaluation du naira en 2015 », le Centre d’analyse et de recherche sur les politiques économiques et sociales du Cameroun (Camercap) fait savoir que la crise de réserves de change au Nigeria (dont la monnaie a connu une dépréciation de 30% face au dollar) a influencé la dynamique des échanges avec le Cameroun. Elle a non seulement réduit le potentiel d’importation et d’exportation du Nigeria, mais aussi engendré une rareté des moyens de paiement. « N’acceptant pas d’être payés en Naira du fait de sa forte volatilité, les exportateurs camerounais ont fait le choix d’abandonner des parts de marché acquises au Nigeria. Ainsi, en moins d’un an, on a enregistré l’érosion de tout le dispositif mis en place pour la conquête du marché nigérian, notamment des dispositifs favorisant le commerce transfrontalier essentiellement informel et du commerce formel des produits manufacturiers exportés au Nigeria », indique l’enquête.  Ce sont, de manière spécifique, les branches formelles de production des produits manufacturiers (savons, tôles en aluminium…) qui ont été négativement impactées. Dans le secteur des oléagineux, les chaînes de production de savons dédiées au marché nigérian ont cessé de fonctionner suite à l’arrêt des exportations vers le Nigeria pour cause de rareté de devises. La branche camerounaise des oléagineux a perdu, depuis la crise des réserves de change survenue au Nigeria en 2016, des parts dont le niveau est passé de 22% à moins de 5% au cours de la période récente.  Face à ce constat, l’étude suggère des politiques de redynamisation des échanges du Cameroun avec le Nigeria. Mais déjà, « un des avantages dont dispose le Cameroun pour l’instant sur le Nigeria est son appartenance à la zone franc qui lui assure la convertibilité de sa monnaie XAF via l’euro. Le Nigeria le sait et l’exploite. Et parmi les instruments de politique économique que ce grand voisin actionne de temps en temps pour faire face à des chocs de déséquilibre extérieur (balance de paiement), il y a la dévaluation de sa monnaie », explique le directeur exécutif du Camercap, Barnabé Okouda. Seulement, les pays membres de la zone franc ne disposent pas d’une option d’ajustement monétaire, ce qui n’est pas sans conséquence sur leurs économies. Ainsi, le Camercap propose de mettre en place un dispositif de compensation des importations de pétrole par des produits camerounais demandés au Nigeria.

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