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Administration provisoire des établissement s de microfinance : Une méthode éprouvée de redressement

La procédure initiée par la COBAC vise à rétablir les équilibres financiers d’un établissement pour

Sur les près de 412 établissements de microfinance (EMF) agréés au Cameroun, six sont actuellement sous administration provisoire, dont trois qui viennent d’y être soumis ces 10 derniers mois. La procédure initiée par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) vise à redresser une microfinance en proie à des difficultés, mais dont le potentiel demeure. Durant cette procédure délicate pour la survie de l’établissement de microfinance, la discrétion reste de rigueur. Selon Ananias Angoula Mbassi, chef de cellule des projets et des études à la division de la microfinance au ministère des Finances (MINFI), dévoiler les noms des établissements indexés peut inquiéter les clients, lesquels seront enclins à retirer leurs avoirs dans ledit établissement, ce qui créerait un effet boule de neige en fragilisant davantage la structure. Mais, de manière générale, les six établissements actuellement sous administration provisoire ont en commun des difficultés de trésorerie. En effet, les EMF sont assujettis à des contrôles internes et externes. « Ils sont tenus de maintenir un minimum de fonds dans leurs caisses et ne doivent pas utiliser tous les dépôts pour octroyer des crédits », précise le chef de cellule.  Les microfinances sont régies par un ensemble de règlements, notamment le règlement Cemac du 13 avril 2002 qui, avec la COBAC, édicte des normes prudentielles. En cas de non-respect de ces normes, la COBAC adresse aux dirigeants de l’établissement, une injonction de le redresser. La mise sous administration provisoire intervient lorsque cette injonction n’est pas respectée. Dès lors, la COBAC le met sous procédure disciplinaire et si à la longue la procédure n’est toujours pas respectée, les dirigeants de l’EMF sont démis et remplacés par un administrateur provisoire commis par la COBAC à l’effet de redresser rapidement les équilibres rompus pour éviter d’en arriver à une situation de liquidation. « Toute liquidation ne commence pas par une administration provisoire. Mais au MINFI, nous pensons qu’il est bon de donner aux entreprises la chance de se relever », affirme M. Angoula Mbassi.  L’administration provisoire a une durée de six mois renouvelable une fois, en principe. Trois cas de figures sont observables à l’issue de cette procédure. Dans le premier cas, les caisses de la structure se voient renflouées. Celle-ci peut dès lors poursuivre son activité. Le deuxième cas de figure suggère que l’administration provisoire devra mettre plus long que prévu et s’étendre sur un nouveau mandat. Dans le troisième cas, l’activité de la structure est irrémédiablement compromise, ce qui induit le retrait d’agrément et la liquidation. Comme cela a été le cas avec Cofinest, FIFFA ou le Crédit du Golfe.

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