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Edito

Les recettes… de Paris

La dévaluation du franc CFA n’était pas à l’ordre du jour de la rencontre de Paris, le 5 octobre dernier. Mais la rumeur, toujours persistante à chaque fois qu’une réunion des Etats de la zone franc est annoncée, surtout en France, remet au goût du jour le sujet. Au point d’attirer l’attention, voire de tenir en haleine l’opinion nationale. Ce n’était donc que des supputations. Les ministres des Finances de l’Uemoa, de la Cemac et des Comores, les gouverneurs des banques centrales et les présidents des institutions régionales de la zone franc, réunis autour de Bruno Le Maire, ministre français de l’Economie et des Finances, ont abordé des questions lancinantes : les politiques économiques adaptées aux intérêts des populations, la coordination des politiques publiques... Le communiqué final ayant sanctionné les travaux a énuméré 21 lignes directrices pour une meilleure mobilisation des ressources intérieures en matière fiscale. En marge de cette rencontre, ils ont discuté des prochaines étapes de la revue du cadre de la viabilité de la dette et fait le lien avec la nécessité d’une mobilisation accrue des recettes fiscales. Faut-il rappeler que la zone franc se veut un espace de dialogue où la rencontre semestrielle permet de procéder à l’évaluation des critères de convergence. Pour la suite, Paris passe le relais à Brazzaville, capitale du Congo, pour abriter les travaux en avril prochain. Que retenir donc de cette longue liste d’orientations adressées aux 14 Etats de la zone franc ? L’on doit comprendre que les recommandations faites par les experts et adoptées par les ministres des Finances augurent de plus d’efforts à consentir de la part des contribuables des pays concernés. Dans le but de mobiliser plus de recettes fiscales non pétrolières, cet effort devrait sans douter passer par l’élargissement de l’assiette fiscale. Et le sacrifice à faire va dépendre des réalités macroéconomiques de chaque pays. Les experts relèvent, par exemple, que l’état de la convergence des politiques macroéconomiques des Etats de la zone franc a connu une détérioration des performances en 2016. Et ces performances ont été fortement contrastées. Si la croissance est restée soutenue au sein de l’Uemoa avec un taux de 6,8% en 2016, elle a ralenti dans la Cemac pour s’établir en terrain négatif à -0,4%. Selon les prévisions, la croissance moyenne de l’Uemoa devrait se maintenir à plus de 6% à l’horizon 2020, bien au-dessus de la croissance moyenne des pays africains. Ces performances s’expliquent par le fait qu’ils ont tous déjà conclu un programme avec le Fonds monétaire international. Toutes choses qui contribuent au renforcement de la gestion budgétaire et à la coordination des réformes mises en oeuvre. Ce qui n’est pas encore le cas pour la Cemac. Le Congo et la Guinée équatoriale sont en négociation avec le FMI. Le Cameroun, locomotive de la sous-région Afrique centrale, n’a pas attendu la réunion de Paris pour prendre une série de mesures d’assainissement budgétaire : la réduction des dépenses de consommation, des biens et services... Les modalités d’une mobilisation accrue des recettes fiscales non pétrolières et l’ensemble des principes pour y parvenir, édictés à Paris, seront évalués en avril 2018. Aux Etats membres de la zone franc de se mettre résolument au travail.

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