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Pierre ZUMBACH : L’économiste philanthrope

Après une vingtaine d’années passées à bourlinguer à travers le monde en qualité de consultant pour

Pierre Zumbach serait-il tombé dans une fontaine de Jouvence ? Le président de la Fondation Inter-Progress a 87 ans, mais la retraite, il ne l’a jamais connue. Son esprit, toujours alerte, ignore jusqu’aux vacances. « Je n’ai jamais fait la différence entre travailler et être en vacances. Travailler à plein temps est un mode de vie qui me permet d’être bien dans ma peau. Mes rares loisirs sont la lecture des tendances économiques internationales, ma spécialité étant la macroéconomie. A part cela, je peux bricoler dans le jardin ». Toute l’année, Pierre Zumbach et son équipe de la Fondation Inter-Progress abattent un travail de fourmi pour donner vie au salon des affaires Promote et à la foire « Yaoundé en fête Ya-Fé », en plus de leurs consultations. Fils de banquier, sa famille le voyait déjà assurer la relève. « J’ai expliqué à mon père pourquoi ce n’était pas mon objectif de vie. Il l’a compris et m’a aidé à m’orienter vers une formation en Economie du développement que j’ai suivie à la fois en Suisse et au Canada ». Avant même sa diplomation, les offres d’emplois frappent à la porte. « Je n’ai pas eu une jeunesse difficile au plan professionnel. A l’époque, le plein emploi était là, on avait l’embarras du choix. Les recruteurs venaient nous chercher à l’université pour nous faire des propositions », se souvient-il. C’est ainsi qu’il se retrouve dans l’humanitaire pour une bonne vingtaine d’années durant laquelle il verra la guerre du Vietnam, les catastrophes naturelles du Pérou, la guerre du Liban. Au quotidien, sa tête y est, mais pas son coeur. « Je n’ai jamais voulu m’attacher à une structure très longtemps. J’acceptais de travailler pour des projets des Nations Unies d’une durée bien déterminée, mais je ne voulais pas devenir un de leurs fonctionnaires ». Peu avant ses 50 ans, le déclic. Celui qui deviendra le président de la Fondation Inter-Progress, spécialisée dans l’évènementiel, a trouvé sa véritable passion, celle pour qui son coeur continuera de palpiter 30 ans plus tard. Il confie : « La vie est courte. Il faut voir des choses intéressantes, découvrir. J’ai trouvé en la promotion des entreprises, une passion. J’ai décidé de chercher un pays où je pourrais comprendre en profondeur les problèmes de développement. Pendant deux ans, j’ai hésité entre l’Afrique du Sud et le Cameroun. Ce sont des amis résidant ici qui m’ont aidé à trancher en faveur du Cameroun. C’était tout un choix de vie ».  Quelques temps après son installation au Cameroun, la fondation Inter-Progress débute ses activités en 1993 suite à une convention de coopération avec l’Etat du Cameroun. Les autorités de la CEMAC souhaitent reprendre le concept des Journées de la CEMAC. La présidence de la République contacte la Fondation pour ce faire. « J’ai dit oui et c’est parti. Rien n’est prédestiné dans la vie économique. 30 ans après, je suis à l’aise au Cameroun. Le Cameroun est un pays où on est à l’aise, si on se comporte correctement, si on n’essaie pas d’écraser les autres », relate plein de nostalgie l’octogénaire. « L’initiative n’était donc pas de nous au départ. Ce que nous avons fait c’est d’apporter des réponses aux questions que l’on nous posait à savoir : « Que faut-il faire pour booster le commerce ? Comment mieux faire connaître les activités économiques d’Afrique centrale ?». A partir de là, M. Zumbach et son équipe s’engagent dans un travail de réflexion et d’écoute des acteurs économiques. Premier constat, et surtout celui qui le fera rester dans l’activité, pour promouvoir l’activité économique, il faut miser sur la PME. « C’est dans la PME que l’on retrouve le plus grand gisement d’emplois et c’est de là qu’émergent découvertes et innovations. Les PME sont très imaginatives. En période de crise économique, ce sont davantage les PME plutôt que les grandes entreprises qui sauvent et font repartir l’économie. » Sa cible d’activités étant bien circonscrite, Pierre Zumbach continue de voguer de challenges en challenges. D’abord Promote, puis Ya-Fé et maintenant la Foire internationale des affaires et du commerce de Douala (FIAC) qui se tiendra en mars-avril 2018.

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