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Etralia : La bouillie de maman valait de l’or

Une affaire entamée par une mère de famille pour le soin aux enfants est devenue une petite entrepri

C’est dans un grand moment de difficulté que la farine pour bouillie Dina a connu le coup du sort qui a donné naissance à Etralia, l’établissement qui la fabrique et vend. Préparée pour une parente alitée, la mixture de maïs, d’arachides, de soja, selon qu’il vous plaira, avait ravi le palais d’un infirmier… « En fait, j’avais préparé et porté de la bouillie à l’hôpital pour ma soeur malade. Il y a goûté et demandé si c’était à vendre… J’ai dit oui spontanément alors que je ne vendais pas. Mais c’est ainsi qu’est venue l’idée car après cet infirmier, des collègues à lui ont demandé la même chose », narre Julie Hond, le sourire aux lèvres.  L’aventure de la petite marque qui se retrouve aujourd’hui dans des hypermarchés de Douala tels que Super U ou l’Atrium avait donc débuté par une demande du consommateur, plusieurs années avant la création d’Etralia à Douala en 2014. Un temps de maturation que l’entrepreneure en herbe Julie Hond ne pouvait pas mesurer : « ça fait une vingtaine d’années que j’ai commencé à imaginer des compositions pour mes propres enfants car un médecin m’avait conseillé de ne pas leur donner des bouillies fabriquées avec du maïs trempé comme on le voit partout. »  De fil en aiguille, entre causeries de mamans, lectures sur la valeur nutritive de tel ou tel autre aliment, elle mixe, change, varie et élabore des farines aux saveurs et valeurs différentes mais toujours appréciées par les enfants, premiers clients d’une affaire qui ne rapporte alors rien. En dehors du bien-être familial. Bien plus tard, Dina est devenu un concurrent des aliments pour bébés et pour « anciens bébés ». Elle offre trois gammes pour les enfants, la famille et les adultes aux besoins spéciaux, comme celui de garder la ligne. Sous leurs emballages de plastiques colorés par les logos et mode d’emploi, ils ont bien changé en comparaison avec les débuts et depuis lors, ils rapportent de l’argent. Deux cents francs pour la petite unité de quarante grammes ou neuf cents francs les deux cents grammes.  Si le « produit se comporte bien sur le marché », c’est qu’il a eu le temps d’être éprouvé. « Nous avons dû élaborer, avec le concours de l’Institut européen de la coopération et du développement, un processus de production qui évite d’avoir des résidus de matières chimiques que l’on rencontre dans l’agriculture. Notre approvisionnement est exclusivement local, dans les champs de l’ouest camerounais », se satisfait la chef d’entreprise en espérant néanmoins de meilleurs lendemains. Tout n’est pas en effet fluide pour la bouillie qui assure donner « tout l’amour d’une maman dans un bol ».  Entre les difficultés à rentrer sur certains étalages de grande distribution, la présence étouffante des produits alimentaires concurrents fabriqués par des entreprises multinationales avec les moyens que l’on sait et les délais trop longs de paiement des dépôts vendus, la maman-entrepreneure et son associé de mari, bataillent.

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