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« Il y a un vide juridique »

Dr. Ariel Ngnitedem, économiste, spécialiste des finances publiques.

Dans quelle mesure le Mobile money a-t-il influencé les habitudes des entreprises et usagers en matière de transactions financières ?  Le Mobile money est un moyen de paiement électronique ou alors virtuel à l’aide d’un téléphone cellulaire. Il a rendu les transactions financières telles que le transfert et réception d’argent, le paiement de factures, la vente et l’achat en ligne, …beaucoup plus simples, plus faciles, plus conviviales et plus sécurisées tant pour les individus et les entreprises. Il permet un gain de temps considérable, contribue à la sécurisation des paiements et la collecte des recettes et facilite la comptabilité de part la traçabilité de ces transactions. Les paiements par le mobile money participent de cette dynamique.  Quel impact cette facilitation des procédures a-t-elle sur les entreprises qui la mettent en oeuvre ?  Cette facilitation des procédures peut améliorer significativement la performance des entreprises qui la mette en oeuvre. En effet, le gain de temps permet à l’entreprise d’être plus efficace, car le temps gagné est utilisé pour d’autres activités ce qui améliore l’atteinte des objectifs fixés. Le Mobile money réduit également les coûts de transactions dans les entreprises ce qui permet à l’entreprise d’économiser de l’argent. Les coûts de transaction étant faibles, les frais de production des biens et services seront plus faibles. Ce qui permet à l’entreprise d’être plus efficiente en ce sens qu’elle fait plus avec moins de ressources financières. Les entreprises qui mettent en oeuvre la facilitation des procédures à travers Mobile money sont plus efficaces, plus efficientes et plus économes que celles qui ne le font pas. Elles sont par conséquent plus compétitives. En effet, l’’environnement de l’entreprise est essentiellement concurrentiel et émaillé des risques. Celle-ci est en quête permanente de compétitivité et de minimisation de risque dans le but de maximiser son profit, toute chose qui fonde son essence. De ce fait, le temps devient un facteur déterminant et critique et la minimisation des risques un impératif. Ainsi, tout ce qui permet à une entreprise de gagner du temps et minimiser les risques contribue à l’amélioration de sa productivité et partant de sa compétitivité. Par ailleurs, les transactions financières par Mobile money permettent de sécuriser les fonds puisque ceux-ci ne transitent plus par des personnes, ce qui évite les détournements de fonds et les risques de corruption. Les fonds vont directement du créancier au compte de l’entreprise.  Le secteur de l’éducation est lui aussi concerné par ce gain de productivité…  Tout à fait. C’est également valable pour le secteur de l’éducation et d’avantages pour les universités. En effet, ces dernières ont à faire à chaque rentrée à un nombre pléthorique des étudiants qui sollicitent presque concomitamment le paiement des frais universitaires dans un temps relativement court. L’offre de paiement de ces frais par Mobile money devient une situation gagnante-gagnante tant pour les étudiants que pour les universités. C’est l’occasion pour chaque étudiant de payer ses droits universitaires partout où il se trouve sans avoir besoin d’aller jusqu’au campus universitaire où les espaces sont généralement étroits ou alors sans avoir à se rendre à une banque de la place et faire la queue devant un guichet généralement bondé en période de rentrée universitaire. Pour les universités, en plus d’accélérer les procédures de paiement, cela permet d’éviter les inconvénients liés à la faiblesse des capacités d’accueil et des infrastructures de transport. En définitive, elle contribue comme les autres modes de paiement électronique à sécuriser la collecte des frais universitaires.  Dans certains pays comme le Nigeria, c’est le mobile money qui tire l’économie numérique. Comment le Cameroun pourrait-il miser sur ce mode de paiement pour  gislatif et réglementaire. Pour l’heure, c’est la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) qui régule ce domaine et délivre des agréments aux institutions financières désireuses de proposer des services de mobile money. Il n’y a pas encore d’encadrement juridique spécifique au Cameroun qui régule les transactions financières par téléphone mobile qui permettrait par exemple d’éviter qu’elles ne soient utiliser pour le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme, ainsi que pour l’évasion et à la fraude fiscale. Il convient de noter que Mobile money est un moyen de paiement émis par une institution financière et notamment une banque. C’est d’abord et avant tout un service bancaire transporté par un opérateur de téléphonie mobile. Les compagnies de téléphonie mobile ne sont que des transporteurs de ce service et pourtant dans la dénomination de ceux-ci les noms des banques émettrices n’apparaissent nullement. Ce sont les noms des sociétés de téléphonie mobile qui sont mis en avant, tantôt « Orange money », tantôt « MTN money ». Il y a là comme un manque de transparence de la part des banques, du moins une volonté affichée de celles-ci de se débiner, de se soustraire à quelque chose, en tout cas de se cacher subtilement derrière les sociétés de téléphonie mobile pour faire les affaires. 

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