loader

Edito

L’eau minérale paie

Le marché de l’eau minérale au Cameroun prend de la graine un peu plus chaque jour. Les promoteurs des différentes marques en vente ne cessent d’innover. Surtout en ce qui concerne les prix et le packaging de leurs produits, dans le but de gagner des parts de marché. Pour répliquer à son concurrent qui lui a ravi le leadership, la Société des eaux minérales du Cameroun (Semc), filiale des Brasseries du Cameroun, qui, jusque-là se contentait de Tangui, vient de lancer une nouvelle marque, baptisée Vitale. Pour se relancer. La bouteille de 1,5 litre coûte 220 F. Et la palette de six bouteilles se vend à 1300 F. A ces prix, le nouveau venu bouscule les prix jusque-là pratiqués sur le marché. La réaction de la concurrence ne saurait tarder. L’on se rappelle d’ailleurs que Sources du pays qui embouteille Supermont a bâti sa stratégie autour de la prise en compte des habitudes des consommateurs, en lançant les emballages de 10 litres ayant fait mouche sur le marché. Après le rachat de O’pur, cette entreprise contrôle désormais 58% des parts de marché. Du coup, ses concurrents étaient contraints de courir à courir après elle. Ça va vite dans ce marché dont les ventes enregistrent une grande marge de progression chaque année. De 2015 à 2016, la progression est de 32,6%. Le jeu de concurrence auquel se livrent les promoteurs des eaux minérales - qu’ils soient étrangers ou nationaux - devrait permettre au consommateur de se frotter les mains. Celui-ci devrait débourser moins pour avoir une bouteille d’eau minérale sur sa table. Aux dires des observateurs, cette compétition ne vient que de commencer. Puisque les besoins des citadins en eau potable sont réels et pressants. Les habitudes de consommation ont évolué. La classe moyenne dans les principales villes du pays s’élargit. S’il était donc difficile de s’offrir une bouteille d’eau minérale à moins de 500 F dans un passé récent, il est désormais possible d’avoir la même quantité de liquide avec 220 F, 350 F ou 400 F. Les prix de la bouteille devraient davantage baisser. Au regard du potentiel hydraulique du pays, le consommateur devrait débourser moins de 200 F pour avoir sa bouteille d’eau minérale. Le segment du marché de l’eau minérale, particulièrement rentable, illustre que le Cameroun est un bon risque pour les opérateurs économiques. Il suffit d’oser, de prendre le risque... Et le tour est joué. L’attractivité du Cameroun est un secret de polichinelle pour les investisseurs nationaux et étrangers : il y a de l’argent à prendre dans le secteur de l’eau. Beaucoup d’argent. Il suffit de flairer le bon filon. Si les détenteurs des capitaux étrangers trouvent leur compte dans l’eau minérale, il ne pourrait en être autrement pour les nationaux. La demande à satisfaire est forte. Certes, les Camerounais n’ont pas toujours les mêmes moyens que les étrangers et ne bénéficient pas souvent de tous les appuis attendus de la part des pouvoirs publics. Mais, l’attractivité du secteur et son caractère stratégique devraient les y convaincre. Et il revient aux responsables compétents de soutenir et d’accompagner véritablement les nationaux dans ce secteur prioritaire. 

Partager cet article

Commentaires

    List is empty.

laisser un commentaire