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Opération redressement

Que retenir de la visite du directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI) en terre camerounaise qu’il foulait pour la première fois, du 13 au 15 septembre ? Mitsuhiro Furusawa a eu un emploi de temps particulièrement chargé les 13 et 14 septembre. Après son accueil par le ministre des Finances, Alamine Ousmane Mey, le haut fonctionnaire international a fait le tour d’horizon des performances économiques avec les deux ministres en charge d’implémenter le programme économique et financier conclu avec le FMI le 26 juin dernier, soutenu par la Facilité élargie de crédit. Avec le Premier ministre, chef du gouvernement, Philémon Yang, l’hôte du Cameroun est revenu sur les causes de la crise économique (la chute des prix de pétrole et le choc sécuritaire) que traverse l’Afrique centrale et a salué la solution préconisée le 23 décembre 2016 par le chef de l’Etat, Paul Biya, pour juguler cette conjoncture. Il s’est longuement entretenu avec les membres des commissions des finances et du budget de l’Assemblée nationale et du Sénat. Parce que le Parlement, qui approuve le budget, doit également être informé et bien outillé pour soutenir les efforts que le gouvernement est appelé à consentir pour relancer la croissance. Avec les responsables de la Banque des Etats de l’Afrique centrale, le haut fonctionnaire international a abordé la politique monétaire : les réserves de devises qui se stabilisent et commencent à augmenter de nouveau depuis juillet… Le secteur privé et la société civile ont bénéficié d’une attention particulière de la part du directeur général adjoint du FMI qui a plaidé pour leur meilleure prise en compte dans les réformes à conduire, l’inclusion financière, l’intégration sous-régionale… Mitsuhiro Furusawa a expliqué aux membres du gouvernement que la crise n’est pas finie. Ce n’est pas le moment de baisser la garde. Certes, le Cameroun est sur la bonne voie. Les agrégats macroéconomiques sont bons. Le taux de croissance, même s’il a ralenti, est de 4,5% en 2016. La projection est de 4% en 2017. L’inflation est à 2,7%. Les efforts consentis jusquelà vont dans le bon sens. Les politiques économiques solides au niveau national et régional sont à poursuivre. Des réformes essentielles sont à conduire dans chacun des pays membres de la région. Parce que ces pays sont interdépendants. Le Congo et la Guinée équatoriale gagneraient donc à mettre les bouchées doubles pour conclure leurs accords avec le FMI. La solution ordonnée et coordonnée pour sortir l’Afrique centrale du marasme économique ne pourrait prospérer que si des réformes essentielles sont strictement appliquées dans chacun des pays membres. Ce sont des engagements qui ont été collectivement pris lors du sommet de décembre à Yaoundé. Le Cameroun a donné le bon tempo. Mais le travail de redressement ne fait que commencer. Les réformes seront trimestriellement évaluées par les partenaires. Faut-il rappeler que les problèmes auxquels les six pays de la CEMAC font face persistent : les prix de pétrole sont toujours bas. Même si l’ennemi est affaibli, la guerre contre la secte Boko Haram constitue un important poste de dépenses. Pour le Cameroun, locomotive de la CEMAC, c’est une course de longue haleine. Il faut maintenir le cap des réformes, afin de respecter les engagements pris.

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