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Cacaoculture: Bot-Makak mise sur la qualité

Des groupements de paysans sont à pied d’œuvre pour proposer des fèves haut de gamme sur le marché i

La visite des chocolatiers français en août dernier à Bot-Makak a eu de l’effet sur les producteurs du grand bassin du département du Nyong-et-Kellé dans la région du Centre. Les cacaoculteurs de l’arrondissement de Bot-Makak, mettent progressivement en place un nouveau label. Celui-ci prend en compte les techniques de culture du champ à l’exportation. Sans éléments toxiques (pas de goudrons, ni de pesticides) sur le produit final. Ils souhaitent produire du cacao de qualité en quantité, avec la ferme ambition de vendre le kilogramme à 3000 F, voire plus. Leur argument repose sur des techniques culturales très anciennes. Mais aussi, sur les deux centres d’excellence à Mintaba et Si-Manyaï qui viennent d’être mis en place à titre expérimental par les pouvoirs publics. D’autres initiatives de cacaoculteurs font toujours recette. Il s’agit du séchage des fèves sur des tiges de bambous tissés les unes avec les autres. « C’est un héritage ancestral que nous perpétuons. C’est pour cela que notre cacao a une couleur et un parfum uniques » confie Ndjiki Patrick, jeune producteur de cacao à Ekoangombe Sud, l’un des 54 villages de l’arrondissement de Bot-Makak. «L’une des plus grandes coopératives de producteurs de cacao revendique à ce jour une production de 10 000 tonnes l’année » relève Jean Pierre Biboum, maire de la commune de Bot-Makak. C’est l’effort de plusieurs producteurs. « Ça reste le produit d’un travail collectif sur lequel se fonde l’espoir d’un cacao de qualité supérieure. Ce sont les fèves de la croissance durable », souligne Poss Francis Alex, sous-préfet de Bot-Makak. A l’initiative de groupements de producteurs locaux, de nouveaux critères de certification ont été établis. Ils reposent sur deux volets: l’utilisation de semences certifiées sans pesticides et la qualité de séchage de la fève en moins de deux semaines. Sous peu, grâce aux centres d’excellence, ils envisagent réduire à neuf jours, le temps de la fermentation au séchage final, déclare Raphaël Mayack Mandeng, président de la section Bôt-Makak de la Société Coopérative des Producteurs du Cacao du Nyong-Ekellé (SOCOPROCANYK). La population, estimée à 25 000 âmes, a déjà été sensibilisée. Dans le cadre du C2D de seconde génération à vocation agricole, Bot-Makak a bénéficié des appuis du Programme national de développement participatif (PNDP) dans ce sens. Bien que les communes déterminent les projets à financer, le PNDP encadre les collectivités territoriales décentralisées dans ce sens. « Nous allons produire plus de 10 000 tonnes par an » Jean Pierre Biboum, maire commune de Bot-Makak. Comment se porte l’activité économique dans votre commune ? L’activité économique se structure progressivement dans l’arrondissement de Bot-Makak. J’en ai pour preuve la mobilisation des producteurs locaux de cacao dans notre bassin de production pour un produit de qualité. Si l’on s’en tient aux prévisions de la Société coopérative des producteurs du cacao du Nyong-et-Kellé (SOCOPROCANYK), nous pourrons produire au-delà de 10 000 tonnes de cacao les prochaines années. Il nous est difficile pour l’instant d’évaluer à sa juste valeur le potentiel de notre arrondissement. Les voies d’accès ne permettent pas de centraliser cette production. Ce tonnage est perdu pour nous, mais pas pour le Cameroun. Des chocolatiers français vous ont rendu visite récemment. Comment avez-vous accueilli cette visite ? C’est un indice et l’invite à plus d’efforts. Cela nous interpelle à plus de structuration dans nos initiatives agricoles. La SOCOPROCANYK, avec l’aide du Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC) a mis en place deux centres d’excellence dans notre commune. Ces centres ont pour but de produire du cacao haut de gamme. Et par l’occasion, l’embryon de la transformation de ce cacao. En produisant du cacao de haute qualité, nous pourrons écouler sur les marchés internationaux à partir de 2000 F le kg. C’est une ambition réaliste. Le suivi des cacaoculteurs des champs au marché international en passant par le rapport qualité/ prix. C’est une démarche qui nous permettrait d’avoir de la plus-value sur notre cacao local. Quel est l’apport du PNDP dans cette activité économique et sur la vie de votre commune ? Le PNDP est l’un des principaux bailleurs de fonds de la commune de Bot-Makak. C’est un de nos partenaires qui a su mobiliser des fonds pour nous permettre de continuer dans cet élan qui nous mène toujours très haut. Aussi, l’organisme a-t-il inculqué la notion du développement participatif dans l’esprit de nos populations. Nous avons réhabilité une piste rurale récemment à près de 175 millions de F grâce au PNDP. Nous venons également de signer une convention avec le PNDP pour le financement de forages pour un montant de 24 millions de F. Le désenclavement de nos bassins de production reste l’un des plus grands soutiens du PNDP. Grâce à ces efforts, nous allons vendre le cacao, très bientôt, à notre prix.    

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