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« Nous avons produit 1200 tonnes de pomme de terre cette année »

Koda Yuhana, producteur de pomme de terre à Mogodé dans la région de l’Extrême-Nord

Comment se porte la pomme de terre sur les marchés de l’Extrême-Nord ? L’arrondissement de Mogodé qui est le plus grand bassin de production de pomme de terre dans la région de l’Extrême-Nord est en ce moment dans sa phase de récolte. Les producteurs locaux se battent pour écouler leur produit sur tous les marchés de la place y compris vers le Tchad et le Soudan. En ce moment, l’activité bat son plein dans trois principaux villages que sont Vitté, Rhumzou et Gouria. Le marché unique en ce moment se trouve à Rhumzou. Là-bas, un sac de 100 kg coûte 15 000 F. Que représente votre production saisonnière pour le marché local ? En moyenne, sur une parcelle d’un hectare, nous récoltons 80 sacs de 100 kg. La coopérative compte actuellement 400 membres. Nous avons cette année une superficie cumulée de 150 hectares. Ce qui nous donne 12 000 sacs. La production proprement dite commence en juin et la récolte se fait en début septembre. La seconde phase de notre activité, c’est la production de semences qui commence en janvier pour récolter en mars. Des commerçants viennent les acheter pour les vendre à Kousseri, le plus grand marché de pomme de terre de l’Extrême-Nord. De Kousseri, ces pommes passent par le Tchad pour se retrouver jusqu’au Soudan. Le coût du transport d’un sac de pomme de terre de Mogodé dans le Mayo-Tsanaga pour Kousseri dans le Logone et Chari revient à 7000 F, voire 10 000 F. Làbas, le sac revient en moyenne à 25 000 F voire 30 000 F. A Maroua, le sac de 100 kg coûte 20 000 F. Comment entendez-vous augmenter la production pour satisfaire la forte demande ? Nous sommes en train de nous organiser pour nous lancer dans la production industrielle de notre activité. Les membres de la coopérative viennent de me mandater pour aller en Chine voir comment nous pourrons mécaniser notre agriculture et pourquoi pas, transformer localement. Depuis deux ans, nous envisageons de transformer nos produits frais en farine et en chips pour gagner plus. Comme c’est une denrée périssable, la conservation est délicate. Nous envisageons pour cela de nouvelles méthodes de conservation et de stockage. A moyen terme, nous comptons les transformer localement en produisant, par exemple, des chips de pomme de terre.

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