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Assurance volontaire: les travailleurs indépendants valorisés

A travers le produit mis en route depuis trois ans par la CNPS, les personnes éligibles ont égalemen

Depuis le 3 novembre 2014, le système de prévoyance sociale au Cameroun a été renforcé par un nouveau dispositif : l’assurance volontaire. La Caisse nationale de Prévoyance sociale (CNPS) qui met en œuvre cette réforme, matérialise ainsi le décret N° 2014/2377/PM du 13 août 2014 du Premier ministre, fixant les conditions et les modalités de prise en charge des assurés volontaires au régime d’assurance pensions de vieillesse, d’invalidité et de décès (PVID). L’assurance volontaire est le fait pour toute personne de s’immatriculer à la CNPS, pour bénéficier d’une pension de vieillesse, d’invalidité et de décès, à l’âge de la retraite (60 ans). Cette nouvelle catégorie d’assurés sociaux est issue des professions libérales (avocats, notaires, huissiers de justice…), des travailleurs indépendants et de ceux de l’économie informelle (commerçants, vendeurs ambulants, agriculteurs, etc.) qui représentent à peu près 80% de la population active du Cameroun. En termes d’avantages, les assurés volontaires bénéficient, après un minimum de 15 ans de cotisation, des prestations suivantes : la pension de vieillesse normale (PV), la pension vieillesse anticipée pour convenance personnelle (PVA) ou pour usure prématurée (PVAU), la pension de survivant (PS), l’allocation de vieillesse normale (AV), l’allocation de vieillesse pour usure prématuré (AV/AVU), l’allocation de survivant (AS), les frais de transport, les frais funéraires. Cas pratique : un étudiant assuré qui verse une cotisation sociale de 2 540 F, le taux le plus bas correspondant au Smig (36 270 F) tous les mois, pendant 15 ans, aura versé à la CNPS un montant cumulé de cotisations sociales de 457 200 F. Or, la plus petite pension payée par la CNPS est de 18 200 F. En 26 mois, l’étudiant assuré volontaire aura récupéré tout ce qu’il a versé à la CNPS. Mais celle-ci continuera à lui payer sa pension retraite jusqu’à son décès et même après, à ses ayants-droits (épouse, enfants mineurs). Par ailleurs, en cas de décès, il sera procédé au remboursement aux ayants-droits (enfants et veuve) ou à défaut, aux ayants-causes (parents), des cotisations sociales payées par avance des périodes non encore échues. L’assurance volontaire vise à améliorer le taux de couverture du système de sécurité sociale. Selon le chef service de la communication de la CNPS, Simon Meyanga, l’institution enregistre plus de 152 000 assurés volontaires à travers 38 centres sociaux répartis sur le territoire. 152 000 Le nombre d’assurés volontaires déjà immatriculés à la CNPS, à la fin du mois d’août 2017. VIEW POINTS « Le respect des échéances est difficile » Edouard Essomba, assuré volontaire de la CNPS à Yaoundé. « L’idée m’a semblé très originale et opportune lorsque je l’ai appris il y a quelque mois, quoiqu’un peu en retard. L’assurance volontaire sera pour nous autres exerçants de petits métiers, un bon moyen de préparer ses vieux jours. Longtemps, cela était l’apanage des fonctionnaires du public et ceux du secteur privé. C’est vrai que pour nous autres, le respect des échéances sera un handicap pour un début. Toutefois, je crois qu’avec une bonne sensibilisation, vous serez surpris qu’avec le temps, ce sera des gens de professions libérales qui épargneraient le plus. Vous n’avez qu’à voir ce qui se passe en ce moment avec les petites épargnes que nous menons. Au départ, même les employés des banques de la place ne s’imaginaient pas que l’initiative allait perdurer. C’est pour cela que je suggère que la CNPS essaie pour cela, de trouver encore des formules innovantes pour sensibiliser et permettre aux ouvriers du secteur privé et les débrouillards de mettre de côté ce qui les permettront de vivre en paix durant les vieux jours ».   « Je suis gagnante dans l’affaire » Laetitia Onana, assurée volontaire. « J’ai adhéré à l’immatriculation volontaire de la CNPS de manière spontanée. Je pense que je suis gagnante dans l’affaire puisque je suis immatriculée depuis deux ans. J’ai donc déjà pris de l’avance par rapport aux 15 ans de cotisation requis pour bénéficier d’une pension retraite. Cette immatriculation est aussi pour moi un avantage dans la recherche d’un travail. J’estime que ce sera une contrainte pour mon prochain employeur de reverser mensuellement mes cotisations à la CNPS. C’est aussi un privilège pour ce dernier qui ne sera plus obligé de suivre toute la procédure d’immatriculation. En outre, c’est un gage de sérieux. Je le dis parce que j’ai douté quelque peu. Mais vu le nombre de personnes qui y adhèrent je suis confortée dans l’idée que c’est un bon choix. Le plus intéressant reste le fait que cette assurance volontaire est simple, à la portée de tous grâce à ses taux de cotisations bas ». « Une injustice a été réparée » Albert Ngouné, débrouillard. « En prenant cette décision pour le compte des personnes qui n’ont pas d’employeur, l’Etat a réparé une injustice. L’assurance volontaire est le gage d’une retraite durable. Le secteur informel en particulier était très lésé. Les jeunes sont particulièrement favorisés dans la mesure où ils ont la chance de préparer leur retraite en cotisant pendant qu’ils ont encore la forme et la vigueur. En ce qui me concerne, j’ai 40 ans et je ne sais pas si d’ici quinze ans j’aurais encore la force de travailler. Etant donné que je suis encore dans l’intervalle de personnes éligibles à ce régime de sécurité sociale, je vais essayer de m’immatriculer. De l’autre côté, je crois que la CNPS gagnerait à organiser de larges campagnes de sensibilisation pour informer le large public. Je doute fort que dans les coins reculés, les populations soient au courant qu’elles peuvent s’immatriculer à la CNPS sans forcément toucher un salaire à la fin du mois ».  Propos recueillis par Alain MAZDA, Sandrine AVOMO et Gibrile KENFACK TSABDO        

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