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Un audacieux dans les hydrocarbures

Dans un monde des affaires où l’erreur n’est pas permise, le promoteur de Green Oil réussit à imprim

La trajectoire de Guillaume Mbakam Chougha a toutes les allures d’un thriller. La simple évocation de la somme de 3,5 milliards de F investie pour la construction du centre d’emplissage et de stockage de gaz domestique inauguré le 25 janvier dernier à Afanoya (Yaoundé 3e), suffit pour susciter l’admiration de cet entrepreneur âgé de 44 ans. L’usine construite par l’homme d’affaires originaire de Bansoa dans le département de la Menoua (région de l’Ouest), s’étend sur une superficie de 6000 mètres carrés et dispose d’une quantité de stockage de 880 mètres cubes de gaz de pétrole liquéfié (GPL). 5000 bouteilles y sont enfûtées par jour. Un exploit dont se prévaut le PDG du groupe Mbakam. « J’ai créé cette unité d’emplissage de gaz domestique pour répondre à un besoin permanent des ménages. Je suis en mesure de ravitailler tout le pays si l’opportunité m’est offerte », soutient-il. En même temps, lorsque le chef d’entreprise relate les temps forts qui ont jalonné son parcours, il écrase quelques larmes. Sa vie n’a pas été un long fleuve tranquille. En 1994, son père décède alors qu’il est étudiant à l’université de Yaoundé. Un coup dur qui l’oblige à mettre un terme à ses études. En décembre de la même année, sa mère vend un lopin de terre à Nkongsamba, sa ville natale, à hauteur de 100 000 F et lui donne 70 000 F comme capital « pour se lancer ». Une fois à Yaoundé, il opère dans la bouquinerie et débute avec ses propres manuels scolaires au carrefour Acacias. Au bout de trois ans, il a un compte bancaire de quatre millions de F. « Je m’étais engagé à ne pas manger pour plus de 200 F par jour afin de faire des économies pour payer mon loyer », explique Guillaume Mbakam. De fil en aiguille, il se lance dans la vente du maïs, de l’oignon, de la tomate, du pistache et de la friperie. Il touche à tout jusqu’au moment où il déniche le bon filon dans les hydrocarbures. Par un concours de circonstances, il s’engage dans la vente du carburant avec un capital initial de trois millions de F. En 2007, quand la station de Shell Ahala est en difficulté, il est sollicité et accepte le challenge en payant une caution de 40 millions de F. Acharné et travailleur, il écoule près de 600 000 litres de carburant en deux mois. Tel un jeune loup aux dents longues, il affiche ses ambitions. « Je ne veux plus être gérant, mais partenaire. Je veux construire une station qui est ma propriété », confie notre interlocuteur. Avec un crédit de 150 millions de F octroyé par Afriland First Bank, il construit en 2011 sa première station-service à Mvan, et la baptise « Green Oil ». Dans son appétit, il explore le créneau de l’importation des produits pétroliers et obtient en 2004 une caution de sept milliards de F auprès d’Afriland. Aujourd’hui, Guillaume Mbakam Chougha revendique 25 stations dans les dix régions du pays. Green Oil figure dans le top 6 des pétroliers camerounais et dans le top 5 des importateurs des hydrocarbures. Le groupe Mbakam est constitué de quatre entreprises : Ets Mbakam, Green Oil, Green Oil Gaz et Sarl Mbakam. Ses activités ont déjà généré 500 emplois directs et un peu plus de 900 emplois indirects. Son empire affiche des revenus mensuels de plus d’un milliard de F. « Je paie en moyenne 300 millions de F à titre d’impôts par mois. La masse salariale tourne autour de 30 millions de F par mois », rappelle-t-il. Malgré un statut que ses proches qualifient de « privilégié », le PDG de Green Oil reste égal à lui-même. Il n’hésite d’ailleurs pas à venir en aide aux nécessiteux, aux élèves en début d’année scolaire et aux agriculteurs de la Menoua, son département d’origine.« J’aime œuvrer pour les démunis surtout parce que je viens de loin. J’ai travaillé dans la rue et je connais les problèmes des nécessiteux », justifie le chef d’entreprise. Ses réalisations sociales ne se comptent plus : construction de trois mosquées dont deux à Bertoua et une à Ngong dans le Nord, construction d’un presbytère protestant à Penka-Michel, construction en cours d’une chapelle catholique à Nkongsamba. Il nourrit encore de grandes ambitions pour réaliser sa plus grande passion: créer beaucoup d’emplois.

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