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Entreprises familiales: Success stories et banqueroutes

Les bilans contrastés des managers héritiers après la mort de certains fondateurs de sociétés se côtoient.

L es deux hôtels ont connu des destins semblables un long moment : fermés durant plusieurs années. Mais l’un est revenu, flamboyant, sous un nouveau nom, le « K » ; tandis qu’à un kilomètre de là, « Parfait Garden » n’en finit plus de voir ses murs moisir. A Douala, ces adresses bien connues de l’hôtellerie sont liées à deux figures des affaires défuntes : Paul Monthe et Jo­ seph Kadji Defosso. Leur alter ego, Paul Soppo Priso, a lui, légué à la postérité l’un des hôpitaux privés les plus réputés de la toute la sous-région qui n’accueille plus aucun malade. Et plus personne tout court, tant la bâtisse autrefois imma­ culée est désertée et grisâtre. Ces poids lourds de l’entrepre­ neuriat camerounais symbo­ lisent les destins complexes et variés de nombre d’entre­ prises après le départ de leur créateur, souvent de grandes fortunes. Pour le « K », du groupe Kadji, il ne s’agit que d’une illustration d’ailleurs. Le chapelet de socié­ tés du portefeuille laissé par le défunt magnat de la bière et de l’immobilier s’étant enrichi par une nouvelle usine de l’Union Camerounaise de Brasseries (UCB) à l’ouest de Douala en juin 2026. Quatre mois aupa­ ravant, les Kadji coupaient le ruban d’un autre investissement similaire au Nigeria. Au total : 120 milliards de F de mises. Ils n’en parleront pas, comme souvent, se contentant de sobres com­ muniqués de presse hormis les grands moments de célébration tel que le cinquantenaire de la création de l’UCB en 2022. Plus discret encore que le parfois truculent Joseph Kadji Defosso disparu en 2018, Samuel Kon­ do, homme d’affaires et patron de la Société camerounaise de cartonnages (SOCARTO), fournisseur d’emballages. En quittant la scène deux ans plus tard, il avait déjà préparé la place pour son successeur Samuel Njanga Kondo. Le fils pilote toujours cette unité pionnière de l’industrie locale et préside le syndicat du patronat indus­ triel. « Quand on a vu faire, on peut plus aisément poursuivre », commente à ce propos le fils d’une restauratrice spécialisée dans les produits de la mer à Yaoundé. Bien des années après sa disparition, la clientèle s’y presse comme depuis toujours. Cela suffit-il vraiment d’avoir appris aux côtés d’un entrepreneur pour poursuivre son œuvre ? Des exemples démontrent que le management d’après peut faire face à des difficultés qui freinent l’essor ou paralysent les activités. C’est le cas de la compagnie Garanti Express et ses autocars de transport routier bien connus sur les routes de cinq des dix régions du pays. A l’agence de Nsam à Yaoundé ce 8 octobre 2026, un seul véhicule attend des voyageurs. « Il est 10 h. Depuis 4 h du matin, c’est le premier que nous essayons de mettre en route. Avec un peu de chance, il sera parti vers 11 h. Si on m’avait dit que cela pouvait arriver un jour… », se lamente un des responsables de l’exploitation en pensant à la belle époque des départs toutes les demi-heures, comp­ tabilisant 30 voyages par jour. Comme au « Parfait Garden », des espaces jadis plein de vie, le salon VIP, sont fermés. Les immenses salles d’attente ou de transfert de colis résonnent comme une salle de spectacles vide, au moindre bruit d’un pas. Motbinama Paradoxalement, à Douala, Ga­ ranti affiche une ...

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