L e ministère des Finances a lancé le 15 septembre 2026, un avis d’appel d’offres pour recruter un consultant en vue de mettre en place un Institut professionnel de la microfinance au Cameroun qui sera connu comme l’IPMC. Durant une année et demie, la consultation qui est ouverte aux spécialistes de toutes origines au Cameroun et en partie hors de nos frontières (monde arabe, Afrique) devra permettre d’abord d’évaluer les coûts d’une telle opération. Puis d’élaborer un programme de communication sur le futur institut, préparer les unités de formation, les programmes et enfin la mise en œuvre. L’initiative gouvernementale est bienvenue, à en croire plusieurs spécialistes comme Hervé Blaise Feunke, expert financier. D’après ce dirigeant d’établissement de microfinance (EMF), il existe un besoin de « professionnali sation structurée et continue » de l’ensemble des métiers de la microfinance : du crédit, au recouvrement, en passant par la maîtrise des risques, la conformité, l’audit, le contrôle interne, la finance, les systèmes d’information, l’exploitation et même la gouvernance, la direction générale. De quoi imaginer que les difficultés chroniques de certaines so ciétés qui ont poussé l’Etat à maintes interventions pour sauver de la faillite ou réparer les dégâts sont très importantes et justifient l’initiative en cours. Il n’en est rien assure M. Feunke : « Il serait réducteur d’attribuer la performance des institutions de microfinance au seul niveau de compétence du personnel. La performance est le résultat de plusieurs facteurs : qualité de la gouvernance, stratégie, organisation, systèmes d’infor mation, procédures, contrôle interne, gestion des risques, qualité du porte feuille, environne ment économique, réglementation, res sources financières et compétences hu maines. Toutefois, la compétence du personnel constitue un facteur transver sal. Même avec de bons systèmes et procédures, l’effica cité dépend de la capacité des collabo rateurs et dirigeants à les comprendre, les appliquer, les contrôler et les améliorer. » Globalement, la demande en agents qualifiés, cadres et managers de haut-niveau dans le secteur de la microfi nance s’expliquerait par des changements d’envergure. « Les besoins ont profondé ment évolué au fil des ans. Il ne s’agit plus uniquement de former des agents capables d’octroyer et de recouvrer des crédits. Les EMF doivent aujourd’hui maîtriser simulta nément la gestion des risques, la conformité réglementaire, le contrôle interne, la gouver nance, la transformation di gitale, l’analyse financière, la protection de la clientèle, la finance agricole et climatique, ainsi que la gestion des don nées », analyse M. Feunke. La mise en œuvre des nouvelles exigences réglementaires de la COBAC n’est pas des moindres car, elle renforce encore cette nécessité, ajoute-t-il....
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