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Production d’énergie: La piste du nucléaire

L’idée de disposer d’électricité à partir de centrales fonctionnant par la fission d’atomes trotte dans les centres de recherche et propositions d’experts camerounais.

A celui qui moque sur les réseaux sociaux un projet d’énergie nucléaire au Came­ roun, le professeur Saïdou, enseignant de physique à l’université de Yaoundé, ré­ pond : c’est un Camerounais qui a imaginé les protocoles d’accès à l’électronucléaire que l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) utilise aujourd’hui pour assister les pays qui veulent s’en doter. La question, à l’Académie des sciences, comme dans la rue, fait parler. Pour enthousiasmer les uns, ou faire rire les autres qui disent comme cet inter­ naute : « comment imaginer que le courant (électrique) avec l’eau nous dépasse et c’est une chose compliquée comme les centrales nucléaires que nous allons… » Et pourtant, nombre d’experts y voient une solution tellement plus utile et adaptée aux besoins et à l’époque. Au quartier de Ngoa-Ekelle qui abrite le prin­ cipal campus de l’université de Yaoundé I, l’entreprise russe Rosatom dispose d’un bureau d’informations où l’on recrute et encourage des candidats aux études dans le domaine. Une captation de cerveaux qui calcule le marché croissant afri­ cain. Une dizaine de pays, en plus de l’Afrique du Sud déjà ancienne dans la production d’électricité à partir de la fission atomique, se lancent. Le 18 septembre dernier à Moscou, le directeur de la communication de Rosatom déclarait d’ailleurs que l’entreprise est disposée à vendre cette technologie aux nouveaux venus. Ces petites centrales nucléaires ne vont pas seulement combler les déficits mais elles changeront décisivement leur processus de développement, assure Andrey Timonov. Rien n’est plus vrai, confirme Vincent Nkong-Njock, ingénieur atomiste qui a fait une partie de sa carrière à la direction de l’AIEA. D’où son expertise en planification et construction d’in­ frastructures élec­ tronucléaires. Bien plus qu’une simple source d’énergie bon marché et suffisante, écrit-il, l’électricité nucléaire « oblige un pays à moderniser son administration, à renforcer son système universitaire, à déve­ lopper une culture de qualité, à structurer sa recherche scientifique, à élever les standards de son industrie et à coordonner durablement l’action publique ». Un changement économique qui innerve les autres secteurs d’activités comme on l’a vu ailleurs, indique l’expert en montrant les exemples co­ réen et des Emirats arabes unis. Ces exemples font sali­ ver le professeur Saïdou qui compulse les conclusions d’un rapport intitulé: le Cameroun peut-il se lancer dans un pro­ gramme nucléaire ? Il date de 2008. L’année où les Emirats entamaient leur parcours réussi. Une dizaine d’années a suffi pour y changer la donne via cet élément du mix énergétique « incontournable » à ses yeux. Ce qu’il espère reproduire ici, tout comme M. Nkong-Njock. « Le Cameroun dispose d’un avan­ tage considérable. Il n’aborde pas ce débat dans l’urgence. Son potentiel hydroélectrique ...

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