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« L’alimentation c’est 70% des coûts de production »

Kountz Madola Soppo, ingénieur halieute, option aquaculture.

Quelle appréciation faites-vous des projets et programmes développés jusqu’à présent pour pro­ mouvoir l’import-substitu­ tion dans la filière piscicole au Cameroun ? Tout d’abord, je tiens à saluer la prise de conscience du gou­ vernement car il a compris que la facture des importations des produits halieutiques pesait énormément sur la balance commerciale natio­ nale. Les projets comme le Programme de promotion de l’entrepreneuriat agropastoral des jeunes (PEA-Jeunes) et le programme d’Amélioration de la compétitivité des exploita­ tions familiales agropastorales (Acefa) et les appuis apportés par le ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia) ont permis de former les jeunes, de les accompagner et de vulgariser l’activité. Malgré cela, le bilan sur le terrain reste mitigé. Par exemple, dès que l’accompa­ gnement financier s’arrête, de nombreuses exploitations souffrent. On a beaucoup sou­ tenu les pisciculteurs dans leur installation mais après cela, pas assez dans l’écosystème autour. En somme l’idée est bonne, mais il faudrait égale­ ment un suivi plus large sur le long terme. Quels sont les besoins réels des acteurs de la filière et les attentes de l’Etat vis-à- vis de ces derniers ? Les besoins réels des acteurs sur le terrain sont surtout l’aliment de poisson. Je vais expliquer mon propos en rappelant que l’alimentation représente environ 70% des coûts de production. Les producteurs sur le terrain ont besoin d’un aliment de haute valeur nutritive et financièrement accessible. Seulement, l’aliment n’est pas toujours disponible en quantité suffisante et en qualité. Le secteur est parfois confronté à des périodes de pénurie, durant lesquelles les producteurs sont obligés de se rabattre sur des aliments moins performants ou par­ fois des aliments locaux. Ce changement entraîne donc un ralentissement de la produc­ tion et une augmentation des dépenses financières. Cela veut dire qu’il y a un potentiel mar­ ché local à développer autour des aliments. Pour s’y prendre, il est fondamental d’investir dans la bonne technologie de transformation. En plus, de sécuriser le sourcing et la qualité des matières premières locales, maîtriser la formula­ tion nutritionnelle adaptée aux espèces élevées. En plus de l’aliment pour démarrer, il y a des besoins en subventions en nature et équipement des bassins, en motopompes, en alevins, couplés à de la forma­ tion et du conseil. Il ne faut pas voir à tout prix un chèque remis au bénéficiaire. L’aquaculture est de plus en plus perçue comme une alternative pour inver­ ser les importations de poissons, avec ses fortunes diverses. Comment le Cameroun peut-il mieux capitaliser ce segment ? Il faudrait consommer local : on parle souvent de patriotisme économique. Il faut également standa...

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