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Filière lait: On se rapproche du but

Avec un rendement fort appréciable au cours de ces cinq dernières années, le Cameroun se rapproche de l’objectif de consommer ce qu’il produit, tout en structurant une industrie locale.

L e fait était inédit le 14 décembre 2025 à Ngaoun­ déré. Pour clôturer en beauté la Foire à bétail, les promoteurs ont organisé une vente aux enchères, en présence du Dr Taïga, ministre de l’Agriculture. Deux génisses nées du croisement entre le goudali, la vache bovine locale et une Holstein, d’une part et entre une race locale et la Montbéliarde, d’autre part étaient mises à prix. Montant adjugé : trois millions de F pour chacune. Ces deux races importées par l’Etat il y’a quelques années font ainsi frémir des éleveurs de l’Adamaoua non par leur gabarit, mais par leur capacité de production. Plus de 10 litres de lait par jour par vache. Cette expérience réussie est le fruit d’une démarche voulue par le gouvernement pour promou­ voir l’import-substitution dans la filière lait. En effet, depuis 2020, le pays est entré dans la deuxième phase de mise en œuvre de sa vision de développement à long terme avec la Straté­ gie nationale de développe­ ment 2020-2030 (SND30). Elle ambitionne de procéder à la transformation structurelle de l’économie par la mise en place des conditions favorables à la croissance. Pour y parvenir, le gouvernement a, entres autres, mis en place le Plan intégré d’import-substitution agropastorale et halieutique (PIISAH), dont la coordination est assurée par le ministère de l’Economie (Minepat). Plusieurs administrations mettent en œuvre le PIISAH parmi lesquelles le ministère de l’Elevage (Minepia) pour ce qui est des filières lait et poisson. Le Minepia a mis à contribution ses structures rattachées et sous-tutelles, comme organes d’exécution du PIISAH, dont la Caisse de développement de l’élevage pour le Nord (CDEN), en ce qui concerne la filière laitière. Le 20 juin 2025, un contrat de performance a été signé entre le Minepia et la CDEN pour la mise en œuvre de certaines activités du PIISAH, en fixant comme objectif la production directe de 160 tonnes de lait à partir de 2026 et 600 tonnes à partir de 2029. D’autre part, le Premier ministre, chef du gouvernement, Joseph Dion Ngute a rappelé en décembre 2025 lors de la présentation du Programme économique et social de l’année 2026, qu’en matière d’élevage, des pêches et des industries animales, « les efforts du gouvernement ont inclu l’élaboration du Plan national de développement de la filière laitière (PNDFL), ouvrant une première phase de 10 ans jusqu’en 2035, pour un coût global de plus de 305 milliards de F, visant à porter la production laitière de 173 000 tonnes en 2022 à 1 146 000 tonnes en 2035 ». Le plan participera à la réalisation d’études pour l’aménagement de 15 280 hectares de périmètres hydro-agri­ coles dans la région de l’Adamaoua. De même que le transfert de plus de 5,6 milliards de F à la Banque ca­ merounaise des PME (BC-PME) pour des prêts à taux bonifiés au profit des filières lait et poisson dans le cadre du PIISAH. Des démarches du gouvernement qui sont la conséquence de la situation de la production et des importations du sous-secteur élevage au cours de l’année 2023. C’est ce qu’analyse d’ailleurs la Division des études, de la planification, de la coopération et des statistiques du Minepia en publiant une ét...

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