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« L’Etat donnerait un signal fort en payant ses factures »

Emmanuel Ndjiki, expert technique.

Que pensez-vous des mesures mises en œuvre pour redres­ ser la compagnie nationale d’électricité trois mois après la désignation de ses dirigeants ? La reprise d’ENEO par l’État et la création de la SOCADEL marquent une rupture de gouvernance dans un secteur devenu financièrement insoutenable. Les décisions des cent premiers jours — budget 2026 de 630 milliards de F dont 74,6 mil­ liards d’investissements, mandat de restructuration de la dette et de renflouement de la trésorerie, recherche de partenaires financiers, nouvelle architecture managériale, intensification de la lutte contre la fraude — sont cohérentes avec le diagnostic. Mais, il faut le dire nettement : ce sont des mesures d’assainissement et de gouvernance, préparatoires, et non encore une transformation industrielle. Le mi­ nistre l’a lui-même reconnu, on ne corrige pas en cent jours des désé­ quilibres accumulés sur plus d’une décennie. L’enjeu de fond demeure la liquidité : les recettes collectées ne couvrent ni les producteurs in­ dépendants (NHPC, KPDC, DPDC), ni les opérateurs (SONATREL, EDC, SONARA), ni le service de la dette. Tant que l’équation tarifaire — ge­ lée depuis 2012 — et les arriérés des administrations publiques ne seront pas assainis, aucun montage financier ne tiendra dans la durée : chercher des partenaires pour res­ tructurer la dette ne ferait alors que déplacer le problème dans le temps. Avec un contrôle public à 95 %, l’État est à la fois régulateur, client et propriétaire ; sa capacité à honorer ses propres factures sera le test décisif et le meilleur signal adressé aux financeurs. Et demain… L&rsqu...

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