Que pensez-vous des mesures mises en œuvre pour redres ser la compagnie nationale d’électricité trois mois après la désignation de ses dirigeants ? La reprise d’ENEO par l’État et la création de la SOCADEL marquent une rupture de gouvernance dans un secteur devenu financièrement insoutenable. Les décisions des cent premiers jours — budget 2026 de 630 milliards de F dont 74,6 mil liards d’investissements, mandat de restructuration de la dette et de renflouement de la trésorerie, recherche de partenaires financiers, nouvelle architecture managériale, intensification de la lutte contre la fraude — sont cohérentes avec le diagnostic. Mais, il faut le dire nettement : ce sont des mesures d’assainissement et de gouvernance, préparatoires, et non encore une transformation industrielle. Le mi nistre l’a lui-même reconnu, on ne corrige pas en cent jours des désé quilibres accumulés sur plus d’une décennie. L’enjeu de fond demeure la liquidité : les recettes collectées ne couvrent ni les producteurs in dépendants (NHPC, KPDC, DPDC), ni les opérateurs (SONATREL, EDC, SONARA), ni le service de la dette. Tant que l’équation tarifaire — ge lée depuis 2012 — et les arriérés des administrations publiques ne seront pas assainis, aucun montage financier ne tiendra dans la durée : chercher des partenaires pour res tructurer la dette ne ferait alors que déplacer le problème dans le temps. Avec un contrôle public à 95 %, l’État est à la fois régulateur, client et propriétaire ; sa capacité à honorer ses propres factures sera le test décisif et le meilleur signal adressé aux financeurs. Et demain… L&rsqu...
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